Les médecins libéraux français sont en grève pour dix jours depuis le 5 janvier dernier, réclamant plus de liberté d’exercice et une meilleure revalorisation des consultations. Face à ce mouvement inédit, les CHU, dont celui de Toulouse, ont déclenché le plan blanc pour garantir la continuité des soins essentiels.
Depuis le lundi, un mouvement de grève sans précédent touche les médecins libéraux en France. Prévue pour dix jours, cette mobilisation devrait durer jusqu’au 15 janvier. Les syndicats dénoncent des mesures qu’ils jugent susceptibles de limiter la liberté d’exercice et d’impacter le fonctionnement des cabinets privés.
Six syndicats mobilisés
La mobilisation est portée par six syndicats représentatifs : MG France, CSMF, FML, UFML, SML et Avenir Spé – Le Bloc. Ils s’opposent notamment au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 et à plusieurs mesures jugées préjudiciables à l’exercice médical.
Les syndicats contestent :
- Les sanctions financières prévues pour les médecins n’utilisant pas le Dossier Médical Partagé (DMP).
- Une baisse des tarifs pour certains actes médicaux et un encadrement plus strict des prescriptions.
- Certaines dispositions de la loi contre la fraude, qui pourraient imposer des objectifs contraignants et limiter la liberté d’exercice des praticiens.
- La revalorisation insuffisante des consultations, dont les tarifs n’ont pas suivi l’inflation depuis plusieurs années.
Selon les syndicats, ce mouvement traduit un mécontentement général au sein de la profession. Certains prévoient également une manifestation nationale à Paris le 10 janvier.
« Nous mettons le système en tension pour défendre notre vision d’un système de santé qui permette l’accès à la médecine privée pour tous les patients. On ne veut pas d’un système à l’anglaise », explique le Dr Philippe Cuq, président du syndicat Le Bloc et chirurgien à la clinique Croix du Sud de Quint-Fonsegrives, dans les colonnes de La Dépêche du Midi.
Plan blanc activé dans les CHU
Pour assurer la continuité des soins essentiels, plusieurs Centres Hospitaliers Universitaires (CHU), dont celui de Toulouse, ont activé le plan blanc de niveau 1 dès le 8 janvier.
Le CHU de Toulouse prévoit un report important d’activité entre le 10 et le 14 janvier, en raison de la grève des médecins libéraux et de ceux des établissements privés. Ce dispositif permet de :
- Déprogrammer les actes non urgents, afin de libérer des ressources humaines et matérielles pour les soins prioritaires.
- Renforcer l’organisation interne, avec une mobilisation maximale du personnel pour garantir urgences et soins vitaux.
- Anticiper un accroissement de la fréquentation, car les cabinets privés fermés ou en activité réduite entraînent une hausse des consultations d’urgence dans les hôpitaux publics.