Mercredi 14 janvier au soir, 52 paysans ont été interpellés lors d’une manifestation organisée avec la Confédération paysanne. Ils ont été relâchés après près de 18 heures de garde à vue. Le syndicat dénonce une répression « inadmissible » et « un abus de pouvoir ».
Ce jeudi 15 janvier, la Confédération paysanne a organisé une nouvelle mobilisation devant la préfecture de l’Ariège pour protester contre l’arrestation, la veille à Paris, de 52 de ses éleveurs, dont deux Ariégeois : Laurence Marandola, ex-porte-parole et éleveuse à Auzat, et Virgile Dumas, éleveur à Daumazan-sur-Arize.
« Un abus de pouvoir »
« Nous sommes ici pour dénoncer un abus de pouvoir », a déclaré Christophe Gouazé, porte-parole de la Confédération paysanne de l’Ariège. « Hier, 52 de nos collègues ont été interpellés et placés en garde à vue à Paris alors qu’ils participaient à une manifestation totalement pacifique dans une antenne du ministère de l’Agriculture. Tout cela parce que nous défendons des idées contraires à celles de la FNSEA. »
Angel Alègre, co-porte-parole du syndicat ariégeois, parle de « délit de faciès » : « Nous dénonçons une réponse à deux vitesses. Moi-même, je pourrais me constituer prisonnière simplement pour ne pas être encartée à la FNSEA. Tout cela survient parce que nous dénonçons depuis des années un système de cogestion avec la FNSEA, aujourd’hui devenu flagrant. »
« Une épée de Damoclès au-dessus de la tête »
Adeline Régis, membre du comité national de la Confédération paysanne, dénonce une politique agricole « mortifère » qui laisse les éleveurs dans une insécurité permanente : « Nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête avec la DNC, sans savoir si des vaches positives seront à nouveau abattues. La politique gouvernementale ne change pas et n’offre aucune issue. »
Elle rappelle que la manifestation parisienne visait également à dénoncer les injustices subies par les éleveurs en métropole et outre-mer, où la PAC profite presque exclusivement à l’agrobusiness de la banane et de la canne à sucre, au détriment des paysans indépendants.
Un traitement de faveur pour la FNSEA
Pour Christophe Gouazé, la situation révèle un traitement de faveur flagrant : « L’État réprime nos actions, tandis que la FNSEA bénéficie d’un accueil privilégié. Deux de nos porte-parole avaient été interpellés pour avoir tenté d’entrer à Paris avec six tracteurs, alors que la FNSEA a pu en faire entrer 350, reçus à l’Assemblée nationale sur un véritable tapis rouge. Depuis 50 ans, ce système détruit l’agriculture paysanne et fait disparaître les fermes, notamment en Ariège, et pourtant nos solutions restent ignorées. »