À quelques jours de l’ouverture du Salon international de l’agriculture, prévue le 21 février à Paris, la Confédération paysanne de l’Ariège annonce un appel au boycott total de l’événement. En cause : les politiques de libre-échange et la gestion sanitaire européenne, jugées incompatibles avec l’agriculture paysanne.
« Nous appelons clairement au boycott total du Salon de l’agriculture, toutes espèces animales confondues. Nous n’avons plus le cœur à y participer. Paris, c’est les paillettes, la mise en scène du métier, la ferme présentée aux citadins. Mais nous, nous en sommes très loin. Nous n’avons plus ni le cœur, ni les paillettes. C’est un boycott total », affirme Christophe Gouazé, porte-parole de la Confédération paysanne de l’Ariège.
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Une crise sanitaire « révélatrice »
Pour le syndicat, la situation actuelle démontre les limites du système européen de gestion des maladies animales. Christophe Gouazé cite l’exemple de la Grèce, « où 400 000 moutons et chèvres ont été abattus à cause de la clavelée, soit près de 5 % du cheptel, afin de préserver les exportations de feta »: « Les éleveurs ont même été empêchés de vacciner leurs animaux », souligne-t-il.
Selon lui, la France fait face à une logique comparable avec la DNC, en raison du classement de certaines maladies en catégorie « A » au niveau européen, impliquant des mesures sanitaires drastiques.
« Un système qui favorise l’élevage industriel »
Le porte-parole dénonce un cadre réglementaire qui, selon lui, profite aux filières industrielles. « Ces maladies tuent très peu d’animaux et peuvent être gérées, notamment dans les cheptels de plein air. Pourtant, ce système détruit l’élevage extensif au profit d’un modèle industriel fondé sur les transports d’animaux. Nous défendons au contraire la relocalisation de l’agriculture. »
La Confédération paysanne réclame donc le déclassement de ces maladies au niveau européen, une revendication centrale de ce boycott.
Le département de l’Ariège interpellé
Au niveau local, le syndicat souhaite aussi un soutien politique. Un courrier a été adressé à Christine Téqui, présidente du conseil départemental de l’Ariège, afin qu’elle se prononce officiellement sur ce boycott.
« Derrière cette action, il y a une revendication forte : changer les règles sanitaires européennes. Ce serait une victoire pour les paysans, et pour les éleveurs ariégeois qui ont lancé ce mouvement », conclut Christophe Gouazé.
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