Ils étaient venus pour se faire entendre. Ce mardi 27 janvier, environ 150 agriculteurs venus de toute l’Occitanie, dont une soixantaine d’Ariégeois, se sont rassemblés à Toulouse à l’appel de la Coordination rurale et de l’intersyndicale de la Haute-Garonne (FDSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale 31 et Confédération paysanne).
Un protocole sanitaire au cœur de la colère
Les manifestants dénoncent une nouvelle fois le protocole sanitaire lié à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), et notamment l’abattage systématique des cheptels, vécu par de nombreux éleveurs comme une condamnation économique et humaine. À cela s’ajoutent les difficultés croissantes de trésorerie rencontrées par les exploitations agricoles.
« Un dispositif totalement disproportionné »
Dès leur arrivée sur les allées Jean-Jaurès, vers 9h30, les agriculteurs font face à un important déploiement des forces de l’ordre.
« Deux cents CRS pour 150 agriculteurs, nous ne faisions pas le poids. J’ai compté 32 camions et deux camions à eau », dénonce Sébastien Durand, président de la Coordination rurale de l’Ariège.
Trois heures de face-à-face
Alors que le cortège tente de rejoindre la préfecture à pied pour honorer un rendez-vous prévu à 15h30 avec le préfet de région Pierre-André Durand, les forces de l’ordre procèdent à une charge. Le face-à-face durera près de trois heures.
« Le matin, on n’a pas avancé d’un mètre. Ils nous ont chargés trois fois dans la journée. On a reçu des coups de matraque, on a été gazés. J’ai été blessé à la tête, au genou et à la main. J’ai compté cinq blessés, dont deux transportés à l’hôpital. Et deux de nos camarades ariégeois ont été placés en garde à vue au commissariat de l’Embouchure », témoigne Sébastien Durand.
Des plaintes envisagées
Les responsables syndicaux dénoncent une violence « intolérable ».
« Deux blessés à l’hôpital, on vit dans un pays de fous. J’ai vu certains CRS provoquer les agriculteurs. Impossible d’obtenir leur matricule. Ils soulevaient leur casque, nous narguaient et disaient : “je vous attends” », affirme encore le responsable syndical.
Face à ce qu’ils qualifient de violences « injustifiées », sept agriculteurs envisagent de déposer plainte, vidéos à l’appui. Sébastien Durand a par ailleurs annoncé qu’il se rendrait au commissariat ce mercredi matin afin d’escorter et soutenir les deux agriculteurs ariégeois à leur sortie de garde à vue.