Perché à 1 200 mètres d’altitude, Montaillou, petit village de haute montagne, vit depuis plusieurs jours sous tension. En l’espace d’une semaine, trois cambriolages ont été recensés. Une cuve de fioul de 700 litres a été siphonnée, des garages forcés et de l’argent dérobé.
Dans ce village de 29 habitants, d’ordinaire habitué au calme le plus total, l’insécurité s’est soudainement invitée, de quoi inquiéter les habitants.
« Ils ont arraché les barreaux façon western »
Tout commence en début de semaine. Alors que le village dort, un véhicule s’approche des garages municipaux dans le but de dérober le contenu du bâtiment. Pour pénétrer à l’intérieur, les voleurs décident de casser une fenêtre.
« Ils ont arraché les barreaux façon western, puis à coups de masse ils ont brisé la fenêtre de 80 x 20 cm, cassé le double vitrage, passer la main et sont entrés », explique Jean Clergue, maire de la commune.
Leur objectif est précis : siphonner la cuve à fioul. Cette nuit-là, plus de 300 litres seront dérobés.
« On se dit que c’est quelqu’un qui connaît les lieux, poursuit l’élu. Pour arracher une fenêtre et transporter 300 litres de fioul, il ne faut pas avoir une Clio mais plutôt un pick-up. Il fallait aussi savoir que notre cuve possède une pompe électrique non branchée directement et que le fil est caché derrière du matériel… Bref, il faut connaître l’endroit. »
Au réveil, les habitants sont sous le choc.
« Personne n’a rien entendu, rien vu, parce que ça s’est passé à l’entrée du village, et pour des raisons d’économie, l’éclairage public est éteint de 23 heures à 6 heures du matin », explique le premier édile.
« Ils nous ont même volé du sel pour déneiger la route »
Le lendemain du vol, la fenêtre du garage municipal est colmatée dans l’urgence, de manière sommaire.
« On a mis une plaque par-dessus, en se disant qu’elle couperait les courants d’air. On savait que ce n’était pas solide, mais on était loin d’imaginer qu’ils reviendraient le lendemain ! », déplore l’élu.
Et pourtant, vingt-quatre heures après leur premier passage, les auteurs reviennent sur les lieux. Même mode opératoire, même cible. Cette fois, la cuve à fioul est entièrement vidée.
« Ils nous ont même volé du sel pour déneiger la route, car vu les traces de pneus, ils ont du se retrouver bloqués dans la neige à cause du poids de leur véhicule. Ils ont donc salé une portion du chemin pour pouvoir repartir ».
Un scénario ubuesque, digne des Pieds Nickelés, qui aurait presque prêté à sourire… si un troisième acte n’était pas venu enfoncer le clou.
Une voiture cambriolée, de l’argent et un casque volés
Jamais deux sans trois : le dicton s’est tristement vérifié à Montaillou. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le garage d’un particulier est cambriolé. La voiture est forcée et l’argent qu’elle contenait dérobé.
« Le garage et la voiture appartiennent à un couple belge qui possède des chambres d’hôtes », s’attriste Jean Clergue.
« Montaillou, c’est le bout du monde, on ne s’attend pas à être cambriolé ici. C’est pour ça qu’habituellement tout le monde laisse ses portes ouvertes… évidemment, aujourd’hui, c’est fini. »
Après ce troisième cambriolage, des traces de pas sont également repérées dans la neige autour du restaurant du village, laissant craindre un possible retour des malfaiteurs.
« Aujourd’hui, on affaire à des voleurs déterminés, ils n’ont peur de rien, aucune crainte du gendarme, c’est un vrai problème », déplore le maire.
Désormais, les rues de Montaillou restent éclairées la nuit. La municipalité a déposé plainte, lancé une alerte cambriolage auprès des résidents saisonniers et peut compter sur la vigilance des habitants, qui espèrent que les auteurs de ces vols seront rapidement retrouvés.