DNC et transhumances menacées : l’Ariège exige des mesures avant l’arrivée des troupeaux

Rédigé le 26/02/2026
Stephanie Leborne

À quelques semaines des transhumances, Philippe Lacube, président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, dénonce les failles du protocole sanitaire et réclame des mesures concrètes pour protéger les troupeaux.

Si les éleveurs, producteurs et commerçants ariégeois sont cette année absents de l’édition 2026 du Salon de l’agriculture qui se tient à Paris jusqu’au 1er mars, pas question pour les élus de ne pas être autour de la table des débats et des négociations.

Philippe Lacube, le président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, a donc fait le déplacement pour, entre autres, rencontrer ses homologues : « Ma place est ici parce que le salon, c’est aussi une compilation de rendez-vous politiques qui sont majeurs et où, en tant que président de la Chambre de l’agriculture, je me dois d’être, évidemment. Et ils sont nombreux pendant les quelques jours où je serai là. »

La future PAC au coeur des réunions de travail

Parmi les temps forts de son agenda figurent la réunion des 13 présidents des chambres d’agriculture d’Occitanie, une rencontre avec Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, mais aussi des réunions de travail consacrées à la future Politique agricole commune (PAC). Ces échanges se tiennent notamment avec l’Association nationale des élus de la montagne. « Là, c’est un travail de fond qui commence, de lobbying par rapport à la future PAC, qui est quand même un enjeu essentiel pour notre département« , souligne Philippe Lacube.

Du côté des élus et des syndicats présents au Salon international de l’agriculture (62e édition), le protocole sanitaire lié à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) s’impose comme la principale source d’inquiétude. Une préoccupation d’autant plus vive que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, affirme, de manière catégorique, que la DNC a disparu du territoire depuis le 2 janvier dernier. Un discours officiel que les éleveurs peinent à partager. « J’ai du mal à comprendre la communication du ministère et de la ministre, convaincus que la DNC est derrière nous. Je ne le crois pas. Je pense que cette maladie est latente, qu’elle est présente », alerte Philippe Lacube. En effet, à quelques semaines des transhumances, les risques inquiètent fortement la profession.

Des transhumances sous haute tension

« Plusieurs points sont pour nous très graves. Le premier, c’est le protocole d’abattage. On n’a pas du tout avancé. Ce qui veut dire que si on avait un cas au moment des transhumances sur une estive où il y a 1 500 animaux, on tuerait tout ? C’est impossible à entendre », dénonce l’éleveur. Autre point de crispation : l’arrivée des troupeaux transhumants dans les Pyrénées, en provenance de zones indemnes.

« Vous savez que dans les Pyrénées, on accueille des troupeaux en provenance de zones indemnes, c’est-à-dire des départements comme l’Aveyron ou le Tarn-et-Garonne, par exemple. Pour ces vaches, le protocole dit qu’elles doivent être vaccinées le jour où elles arrivent. C’est de la pure folie. » Une mesure qui crée une période de vulnérabilité critique, s’insurge Philippe Lacube :

« Ces animaux ne sont pas couverts »

« Ça veut dire que pendant 30 jours, ces animaux ne sont pas couverts. Le risque, c’est qu’ils expriment la maladie dans les 30 jours suivants. Et là, on tuera de nouveau toute la montagne ? Nous avons donc demandé que ces animaux soient vaccinés dans leur département 30 jours avant de transhumer. On nous a répondu que ce n’était pas possible, que le protocole l’interdit parce qu’elles sont en zone indemne. C’est un sujet que l’on va mettre sur la table au salon.« 

« Je compte aussi organiser dans les prochains jours une réunion avec les six départements des Pyrénées et des présidents de chambre, pour faire remonter à l’État que nous ne sommes pas d’accord, et que s’il ne change pas le protocole, nous interdirons aux animaux qui viennent de zones indemnes de transhumer dans les Pyrénées. »