Avec une croissance limitée à +0,9 % en 2025 (après +1,1 % en 2024) et une inflation retombée à +0,9 % en moyenne annuelle, le climat économique national s’est stabilisé sans véritable élan.
Dans ce contexte, l’Ariège n’a pas décroché, indique la Chambre de commerce et d’industrie de l’Ariège (CCI) qui a menée auprès de 163 chefs d’entreprise ariégeois.
Derrière une résistance affichée, des fragilités économiques persistent, les écarts se creusent entre secteurs, et 2026 s’annonce comme une année de vigilance.
2025 : une résistance sous tension
Selon l’enquête de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Ariège (CCI), au 4e trimestre 2025, le verdict est clair : l’activité ralentit, sans s’effondrer.
« 32 % des entreprises affichent un chiffre d’affaires stable par rapport à fin 2024. 25 % accusent un recul. 42,7 % enregistrent une hausse. »
Un signal positif qui vient également du solde d’opinion, en progression de +11 points sur le trimestre. Un léger rebond en fin d’année, mais pas de véritable redémarrage.
« Malgré un contexte d’incertitudes fortes, les chefs d’entreprises restent globalement confiants quant à l’avenir de leur entreprise mais expriment leur prudence pour 2026 », souligne la CCI.
Services : le pilier de la résistance
Dans un paysage contrasté, les services tirent clairement leur épingle du jeu. 43 % des dirigeants jugent leur trésorerie satisfaisante. 46,6 % se projettent avec optimisme. 43,3 % affichent un chiffre d’affaires supérieur à l’an dernier.
Les carnets tiennent. La visibilité est meilleure qu’ailleurs. Dans l’économie ariégeoise de 2025, les services jouent le rôle d’amortisseur.
Industrie : l’essoufflement
Si l’année avait bien commencé, elle s’achève plus difficilement. En effet, 38,9 % des industriels déclarent un chiffre d’affaires en baisse sur un an. 44,4 % estiment toutefois leur carnet de commandes satisfaisant.
Mais les perspectives 2026 annoncent un possible recul de la demande. La visibilité se réduit, notamment à l’export, dans un environnement international instable. « L’industrie ne décroche pas. Elle ralentit.«
BTP/ Construction : le maillon faible
C’est le secteur le plus exposé, avec 37,4 % des dirigeants qui jugent leur carnet de commandes insuffisant, le BTP est en crise. Les marges sont comprimées par le coût des matériaux. Le gros œuvre et les travaux publics accusent le coup.
La contraction est réelle. « Pourtant, 28 % des chefs d’entreprise restent optimistes. « , indique la CCI.
Commerce et Hôtellerie et Restauration : des signaux d’alerte
Toujours selon le rapport de la CCI, le commerce Ariégeois subit de plein fouet l’évolution des comportements d’achat. 26,5 % des commerçants déclarent un chiffre d’affaires en baisse. 44 % jugent leur carnet moyen. Les trésoreries se tendent.
Dans les cafés-hôtels-restaurants, la montagne a sauvé une partie de la saison. Mais sur l’ensemble du département, l’activité se dégrade en fin d’année. 35,5 % des professionnels se disent pessimistes. 38,7 % constatent un chiffre d’affaires inférieur à 2024.
Emploi : l’équilibre précaire
Le marché du travail tient, lui aussi. 77 % des entreprises ont maintenu leurs effectifs au dernier trimestre. 12 % envisagent une baisse à court terme. Le recours à l’intérim recule.
Le taux de chômage atteint 9,4 % au 3e trimestre 2025 (13 720 demandeurs d’emploi), en légère hausse de +0,1 point sur un an, proche du niveau régional (9,2 %). Stabilité, mais sous surveillance.
Marges et investissements : la ligne de crête
Près d’un dirigeant sur deux juge sa trésorerie satisfaisante. Pourtant, un quart évoque une dégradation des marges.
Les investissements réalisés en 2025 ne traduisent pas une volonté d’expansion. Ils concernent surtout la modernisation et le renouvellement d’équipements. Peu de projets de capacité. Peu de paris offensifs. L’heure est à la consolidation, pas à la conquête.
2026 : entre lucidité et ambition
Malgré tout, 45 % des dirigeants se disent optimistes pour l’avenir de leur entreprise. Les soldes d’opinion demeurent positifs dans la majorité des secteurs, sauf dans le commerce.
Les grandes lignes de 2026 se dessinent :
- Risque de contraction des carnets dans l’industrie et les CHR.
- Effectifs globalement stables, avec un possible dynamisme dans les services.
- Marges susceptibles de s’améliorer si la désinflation se confirme.
« Une relative stabilité de l’activité mais des entreprises ariégeoises qui restent prudentes dans leurs projections pour l’avenir », résume la Chambre de commerce et d’industrie de l’Ariège.