« La préfecture de l’Ariège apporte son plein soutien aux agents publics, représentants de l’État et vétérinaires libéraux intervenus lors des récentes opérations de vaccination obligatoire des bovins contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) », indique Hervé Brabant, préfet de l’Ariège, en réaction à la diffusion sur les réseaux sociaux de contenus haineux (vidéos, commentaires, montages photos) et de menaces visant directement les personnes mobilisées sur le terrain.
Soutien de la préfecture aux agents et vétérinaires visés
En effet, le 18 avril dernier, une opération de vaccination « d’office » sur le cheptel de Christelle Record, au soulé à Baulou, a fait vivement réagir. Aussi, lors de cette opération, des images « visages découverts » des vétérinaires ont été diffusées sur plusieurs réseaux sociaux, indique la préfecture, « donnant lieu a des commentaires haineux et des intimidations à leur encontre ».
« La préfecture condamne fermement ces agissements et souligne que son représentant, lui-même ciblé par des messages de haine et d’intimidation, fait également l’objet de contenus menaçants en ligne. Ces appels à la haine, menaces et intimidations sont totalement inadmissibles et doivent être dénoncés avec la plus grande fermeté », insiste les services de l’État.
Rappelant qu’en vertu de l’article 72 de la Constitution, « le préfet est chargé du respect des lois et agit dans le strict cadre réglementaire« , la préfecture précise que les dispositifs de vaccination s’inscrivent dans les voies de recours ouvertes aux éleveurs opposés à cette obligation.
Elle déplore que certains contenus soient diffusés par des individus agissant parfois sous couvert d’anonymat et contestant jusqu’aux fondements de la République. »
« Plusieurs plaintes ont déjà été déposées et des signalements transmis au parquet de Foix », indique la préfecture.
Une maladie animale jugée grave par les autorités sanitaires
Concernant la situation sanitaire, la préfecture rappelle que la dermatose nodulaire contagieuse est une maladie grave et hautement contagieuse, pouvant entraîner jusqu’à 10 % de mortalité et 45 % de comorbidité au sein des troupeaux. Les mesures de vaccination mises en œuvre dans le département visent à protéger les 1 000 éleveurs et 73 000 bovins du territoire.
Elle insiste également sur la fragilité du modèle d’élevage local, caractérisé par de petites exploitations adaptées à la topographie et aux pratiques d’estive. Selon les services de l’État, seule une vaccination généralisée permet de limiter efficacement la diffusion de la maladie dans le département comme dans les autres zones concernées.
Enfin, la préfecture annonce que les dernières opérations de vaccination d’office des exploitations encore opposées seront réalisées dans les prochains jours, avertissant qu’« aucune attaque ni menace ne sera tolérée » et que la diffusion de tels messages pourra donner lieu à des poursuites.