La cité scolaire du Couserans, à Saint-Girons, a été marquée par une violente agression visant une enseignante au sein même de l’établissement, rapporte le parquet de l’Ariège par voie de communiqué, ce vendredi 22 mai. La victime a été dérobée de son sac et de ses effets personnels lors des faits. Trois suspects, deux jeunes majeurs et un mineur, ont été interpellés moins de huit heures après les faits puis placés en détention provisoire. L’enseignante et l’ensemble de la communauté éducative a bénéficié d’une cellule psychologique par les services de l’Éducation nationale.
Le parquet de l’Ariège a confirmé l’ouverture d’une enquête pour vol avec violences, menaces sur une personne chargée d’une mission de service public et port d’arme prohibé.
Volée, et menacée avec deux couteaux
Ce mercredi 20 mai 2026, vers 7 h 30, alors que l’enseignante était en plein préparatifs d’ une séance de sport, un premier individu a pénétré dans l’enceinte de l’établissement après avoir escaladé un portillon verrouillé. Son sac, posé au sol, a alors été dérobé par l’un des trois mis en cause. En tentant de récupérer ses effets personnels auprès des suspects, dont l’un avait le visage partiellement dissimulé, la victime a été agressée et menacée avec deux couteaux et intimidée.
« En guise de réponse, elle a été aspergée de gaz lacrymogène, menacée à l’aide de deux couteaux, et prévenue qu’ils s’en prendraient à elle physiquement, si elle dénonçait les faits. », indique le procureur de Foix Olivier Mouysset, dans son communiqué.
Alertés rapidement par le centre opérationnel de la gendarmerie de Foix, les militaires de la communauté de brigades de Saint-Girons sont intervenus sur place et ont ouvert une enquête de flagrance. Les investigations ont été confiées à la brigade de recherches de Saint-Girons, appuyée par les gendarmes de la compagnie.
Moins de huit heures après les faits, « les trois individus concernés, dont un ancien élève de l’établissement scolaire, ont été interpellés puis placés en garde à vue », indique le parquet de l’Ariège.
« Deux d’entre déjà déférés et présentés devant le juge des enfants deux mois auparavant »
Lors des investigations, un des couteaux utilisés a été retrouvé à l’issue d’une perquisition. Des témoignages d’élèves ont également permis d’établir « que les agresseurs avaient changé de vêtements au bord de la rivière du Salat, qui longe l’établissement scolaire. », souligne le parquet.
Sur place, les gendarmes ont découvert des vêtements abandonnés, ainsi que le sac de la victime et ses effets personnels. Entendus par les enquêteurs, les suspects, tous connus des services de justice, n’ont pas tous reconnu les faits qui leur sont reprochés.
« Deux d’entre eux avaient déjà été déférés et présentés devant le juge des enfants de Foix deux mois auparavant ; l’un avait alors été placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son jugement. L’un des mis en cause se trouve par ailleurs en état de récidive légale et était, au moment des faits, sous le coup d’un sursis probatoire prononcé en mai 2025 par le tribunal pour enfants d’Auch. », pointe le procureur.
Les deux majeurs jugés mardi prochain en comparution immédiate
Sous le choc, l’enseignante a pu consulter un médecin légiste qui a estimé son incapacité totale de travail à quatre jours. L’association de soutien judiciaire et d’orientation de l’Ariège (ASJOA) ont été sollicités afin d’assurer la prise en charge de la victime.
À l’issue des gardes à vue, les trois mis en cause ont été présentés au procureur de la République puis au juge des libertés et de la détention. Tous ont été placés en détention provisoire dans l’attente de leur jugement. Les deux majeurs seront jugés mardi prochain en comparution immédiate, la victime étant assistée à cette audience par Ulyne, chien d’assistance judiciaire. Le mineur comparaîtra quant à lui le mois prochain devant le tribunal pour enfants de Foix.
Enfin, le parquet souligne que « la réussite de cette opération judiciaire, dans des délais aussi courts, est à mettre au crédit des gendarmes de la compagnie de Saint-Girons, et spécialement de la brigade de recherches, qui ont permis d’identifier et d’interpeller rapidement les auteurs des faits afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice ».