La mobilisation des agriculteurs, née en Ariège, s’étend désormais à toute l’Occitanie. En cause : les protocoles sanitaires liés à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Face à la montée des tensions, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, demande au Premier ministre d’ouvrir d’urgence le dialogue.
Depuis près d’une semaine, les agriculteurs de l’Ariège sont vent debout contre les protocoles sanitaires imposés par l’État. Le mouvement s’est rapidement étendu à l’ensemble de la région Occitanie.
La contestation a débuté à Bordes-sur-Arize, où les éleveurs ont tenté d’empêcher l’abattage d’un cheptel de plus de 200 bovins. Une intervention massive des forces de l’ordre a marqué les esprits. Depuis 48 heures, la mobilisation s’est déplacée sur la RN 20, axe stratégique menant à la frontière andorrane, régulièrement bloqué. Et sur de nombreux points stratégiques dans toute l’Occitanie.
« Il est temps d’intervenir »
Ce dimanche matin, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a interpellé le Premier ministre. Elle lui demande d’agir rapidement pour « garantir, dans les plus brefs délais, un dialogue franc et sincère avec les agriculteurs », estimant qu’il s’agit du seul moyen d’apaiser une situation qui se tend dans de nombreux départements, bien au-delà de l’Occitanie.
Tout en réaffirmant sa confiance dans la science et les solutions de progrès, Carole Delga refuse toute récupération politique. « Je ne serai jamais du côté des populistes démagogues », écrit-elle, tout en reconnaissant le choc suscité par les images d’animaux abattus.
Une détresse largement partagée
« De très nombreux Français, aux côtés de nos éleveurs, sont choqués », souligne-t-elle, dénonçant notamment « l’usage massif de la force publique » lors de l’intervention dans une exploitation ariégeoise.
« Ils mesurent surtout la détresse d’éleveurs qui connaissent la douleur violente de perdre leur cheptel et, plus que tout, l’investissement et le sens d’une vie – et même de la vie de plusieurs générations(…) ».
La présidente de Région a également mis en avant une gestion de crise perçue par de nombreux citoyens comme le symbole d’un fossé grandissant entre les territoires ruraux et le pouvoir central.
« Éviter l’escalade, restaurer la confiance »
À quelques jours du débat européen sur l’accord Mercosur, Carole Delga appelle à éviter toute escalade et à redonner confiance à une profession qui se sent « abandonnée ou trahie » par les pouvoirs publics, malgré le soutien massif de la population française au monde agricole.
« Nous devons tout faire pour éviter l’escalade et l’affrontement. Nous devons tout faire, singulièrement à quelques jours du débat européen sur le Mercosur, pour redonner rapidement confiance à une profession meurtrie. Elle s’estime abandonnée ou trahie par les pouvoirs publics, alors qu’elle continue à être massivement soutenue par les Françaises et les Français de par leur participation à notre souveraineté alimentaire.
« Dans nos territoires, derrière chaque agriculteur, chaque éleveur, chaque viticulteur, c’est en effet un visage que l’on connaît, une voix que l’on apprécie, une famille que l’on côtoie car, de génération en génération, elle a transmis ce qu’il y a de plus beau : travailler durement mais toujours fièrement la terre de ce pays. »
Estimant qu’une réponse « bureaucratique et froide » serait inadaptée, l’élue plaide pour une méthode fondée sur l’échange, la compréhension et la recherche collective de l’intérêt général. Elle appelle le Premier ministre à réunir rapidement l’ensemble des parties concernées.
« C’est à vous de donner cette impulsion décisive », conclut-elle, évoquant une profession « symbole vivant de ce que la France produit de meilleur ».