C’est une annonce qui était très attendue en haute Ariège : la RN20 rouvrira à la circulation à compter du lundi 9 mars 2026, avec « plus de sept semaines avant le calendrier initialement envisagé », après l’éboulement survenu dans la nuit du 30 au 31 janvier entre Ax-les-Thermes et Mérens-les-Vals.
Une réouverture avec de strictes mesures de sécurité
La chute de blocs rocheux qui avait entraîné le 31 janvier dernier la fermeture totale de cet axe stratégique vers L’Hospitalet-près-l’Andorre et la principauté d’Andorre, compliquant fortement les déplacements des habitants et pénalisant l’économie locale, devrait bientôt être de l’histoire ancienne, pour le plus grand soulagement des habitants :
« Les travaux de sécurisation du versant ont permis de restaurer les conditions de sécurité qui préexistaient sur la RN20 avec plus de sept semaines d’avance sur le calendrier initial, et ainsi de rouvrir cet axe transfrontalier à la circulation avec de strictes mesures de sécurité à compter du lundi 9 mars 2026 », indique la préfecture de l’Ariège.
Une mobilisation immédiate des services de l’État
Une excellente nouvelle qui a pu voir le jour grâce à « d’importants moyens engagés pour sécuriser la falaise et évaluer les risques dès les premières heures « , précise la préfecture de l’Ariège :
« Concernant la remise en service de la RN20, des opérations d’envergure ont été engagées dès la survenance de l’événement grâce à une mobilisation totale des moyens humains, juridiques et financiers de l’État et de ses opérateurs. Dès le samedi 30 janvier, des analyses de stabilité et de sécurité ont été menées, à la demande de la DIRSO, par RTM, le Cerema, l’entreprise NGE Fondations et le bureau d’études SAGE », précise la préfecture.
Ainsi, les expertises ont permis d’identifier trois secteurs d’intervention prioritaires sur la paroi rocheuse.
Trois zones traitées sur la paroi rocheuse
Première étape : la zone de départ de l’éboulement a été purgée des éléments instables résiduels.
« Deux masses rocheuses représentant un volume total de 100 m³, qui soutenaient un bloc de 500 m³ en surplomb, ont ensuite été sécurisées par câblage puis ancrées dans la paroi par boulonnage. Cette opération s’est achevée le 22 février.«
Enfin, le bloc principal de 500 m³ a fait l’objet d’études spécifiques afin d’en évaluer la stabilité, une fois les masses intermédiaires stabilisées.
« Ces études d’experts permettent de conclure à la stabilité de ce bloc, qui nécessitera toutefois des études et travaux complémentaires à moyen terme », soulignent les services de l’État.
Une réouverture sous haute surveillance
La circulation pourra reprendre dès le 9 mars, mais sous conditions strictes, souligne l’État :
« Des capteurs de déplacement sont en cours d’installation afin de détecter tout mouvement éventuel du bloc rocheux. Ils seront couplés à un dispositif d’arrêt immédiat des véhicules en amont de la zone concernée, via un feu rouge clignotant. Ce système, déjà utilisé dans d’autres régions montagneuses, impose un respect absolu de la signalisation.«
Arrêt immédiat au feu rouge clignotant, interdiction totale de stationner dans la zone potentiellement exposée aux chutes de blocs (appel au 17 en cas de panne) : la sécurité des usagers reste la priorité.
Les autorités préviennent d’ores et déjà qu’une nouvelle fermeture sera nécessaire pour finaliser la sécurisation du site.
« Lorsque les études complémentaires du bloc rocheux seront achevées, une nouvelle fermeture de la route sera nécessaire pour réaliser de nouveaux travaux. Cette fermeture anticipée permettra de limiter l’impact sur l’ensemble des usagers. En parallèle, une réévaluation des risques sur l’ensemble de ce secteur va être menée afin d’identifier les éventuelles autres instabilités qui pourraient être traitées pendant la même période de fermeture », annonce la préfecture.
L’Andorre informée, des mesures pour les commerces
Le préfet de région Occitanie a adressé un courrier au chef du gouvernement andorran afin de l’informer de la réouverture, des travaux réalisés et des modalités de circulation.
Dans l’attente de la remise en service de la route, le ministre français des Transports a par ailleurs accordé une autorisation exceptionnelle de cabotage aux entreprises andorranes, afin de permettre le réapprovisionnement des commerces impactés par la fermeture.
Hervé Brabant, préfet de l’Ariège, salue enfin la mobilisation des équipes de la DIRSO, du RTM et du Cerema :
« Tout a été mis en œuvre pour que le chantier de sécurisation de la falaise puis de réfection de la chaussée se déroule dans les meilleures conditions de sécurité et dans les meilleurs délais possibles. »