Depuis ce lundi 6 juillet, le Centre hospitalier de Carcassonne expérimente un accès régulé à son service des urgences. Jusqu'au 4 octobre, les patients sont invités à appeler le 15 avant de se rendre aux urgences, sauf en cas d'urgence vitale. L'objectif est de mieux orienter les patients, de fluidifier les prises en charge et de réduire l'engorgement du service.
Cette nouvelle organisation s'inscrit dans les orientations nationales visant à améliorer les parcours de soins et à garantir une prise en charge adaptée à chaque situation.
"L'accès régulé n'est pas une fermeture des urgences"
"Désormais, lorsqu'une personne n'a pas de médecin traitant ou s'interroge sur la nécessité de se rendre aux urgences, elle doit appeler le 15", explique Jérôme Alex, chef de pôle et médecin urgentiste au Centre hospitalier de Carcassonne.
Pour le praticien, cette réorganisation ne remet pas en cause le fonctionnement du service des urgences. "L'accès régulé n'est pas une fermeture des urgences. Il s'agit de confirmer, par un médecin, que la venue aux urgences est justifiée."
Concrètement, après un appel au 15, plusieurs orientations sont possibles. Les patients pourront être dirigés vers un médecin de ville pour des soins programmables, comme un renouvellement d'ordonnance ou une demande de certificat médical. En revanche, en cas d'urgence nécessitant une prise en charge hospitalière, un transport sanitaire ou l'engagement du SAMU ou des sapeurs-pompiers, le patient sera orienté vers les urgences.
"Le but est de redonner du sens au parcours de soins et d'apporter la réponse la plus adaptée à chaque situation", précise Jérôme Alex.
Une réponse à la hausse de fréquentation des urgences
Cette régulation intervient alors que le service des urgences du Centre hospitalier de Carcassonne fait face, depuis plusieurs années, à une hausse constante de son activité. Comme de nombreux établissements en France, l'hôpital est confronté à des difficultés de recrutement médical et à des tensions sur ses capacités d'accueil.
"Une part importante des patients accueillis aux urgences relève de situations pouvant bénéficier d'une réponse de soins alternative, programmée ou coordonnée avec la médecine de ville.", précise le centre hospitalier
Une collaboration avec plusieurs acteurs
"C'est dans la continuité de ce qui existe déjà et cela permet de répondre aux besoins des patients le plus efficacement possible. C'est une réflexion menée depuis longtemps avec l'ensemble des professionnels du territoire", précise Benoît Grassous, médecin généraliste
Le dispositif repose sur une collaboration entre le SAMU-Centre 15, le Service d'accès aux soins (SAS), les équipes des urgences, les médecins libéraux, la Maison médicale de garde et les autres acteurs de santé du territoire.