Après le face-à-face particulièrement rapproché entre un éleveur et un ours sur l’estive d’Arréou, en Couserans, la préfecture de l’Ariège a décidé de renforcer les mesures visant l’animal.
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Une décision que la Chambre d’agriculture de l’Ariège juge « totalement justifiée », alors que l’éleveur avait raconté avoir vu l’animal foncer sur lui avant de s’arrêter à seulement trois mètres. L’ours s’était également attaqué à sa chienne Voxie, qui avait chuté d’une trentaine de mètres.
« Le déclenchement du protocole ours à problème par la préfecture est totalement justifié. »
Des agents de l’OFB à la recherche de l’ours
Depuis ce 13 août, les agents de l’OFB prospectent le secteur à la recherche de l’animal afin d’évaluer son comportement et, si nécessaire, de mettre en œuvre le conditionnement aversif.
Cette méthode consiste à utiliser des moyens non létaux pour conditionner l’individu et l’amener à modifier son comportement considéré comme problématique.
Les opérations sont menées par des agents de l’OFB spécialement formés sur les plans technique et réglementaire. Pour garantir leur sécurité, les équipes peuvent disposer d’armes létales, utilisables en cas d’absolue nécessité.
Le protocole prévoit notamment l’utilisation de projectiles en caoutchouc tirés à courte distance en direction de l’arrière-train de l’ours. Ces tirs peuvent être accompagnés de munitions à double détonation lors de la fuite de l’animal, afin de renforcer le caractère aversif de l’intervention. Leur utilisation doit toutefois tenir compte du risque d’incendie pour la végétation et les constructions environnantes.
La Chambre d’agriculture demande d’aller plus loin
Pour la profession agricole, cette première intervention doit rapidement être suivie d’une seconde étape : la capture de l’animal et son équipement avec un dispositif permettant de suivre ses déplacements.
« Étape 1 : conditionnement aversif. La profession agricole demande de passer rapidement à l’étape 2, capture et équipement d’un système de suivi de l’ours concerné. »
La Chambre d’agriculture considère également que la situation est désormais « grave et particulièrement inquiétante ».
« C’est aujourd’hui un vrai problème de sécurité publique pour les bergers, les éleveurs et les pratiquants de la montagne, particulièrement nombreux en ce moment. »
Elle rappelle enfin que l’ADET et Ferus ont récemment contesté devant le tribunal administratif l’arrêté autorisant l’effarouchement de l’ours sur cette même estive, obtenant sa suspension.
« Aujourd’hui, l’accident humain n’a jamais été aussi proche en Couserans et nous comptons sur la responsabilité de tous, État et associations environnementales, pour mettre en place et accepter les procédures nécessaires à la protection des utilisateurs de la montagne. À défaut, chacun devra assumer sa responsabilité. »