Depuis ce mardi 4 août, 31 sapeurs-pompiers venus de Nouvelle-Calédonie ont rejoint les rangs du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de l’Aude. Déployés jusqu’au mardi 18 août dans différents centres de secours du département, ils viennent renforcer les effectifs face aux risques courants, mais aussi participer au dispositif de prévention et de lutte contre les feux de forêt.
Parmi eux, trois pompiers ont été affectés au centre d’incendie et de secours de Castelnaudary : les sergents Robert Sinyeue et Christophe Koki, ainsi que Jean-Marcelin Palaou.
Pour le capitaine Thibaut Paraire, chef du centre d’incendie et de secours de Castelnaudary, cette arrivée constitue un véritable atout opérationnel. "On a trois renforts qui nous viennent tout droit de Nouvelle-Calédonie. Ils font partie d’un contingent de 31 personnes venues, dans le cadre du mécanisme de sécurité civile, renforcer le service départemental d’incendie et de secours de l’Aude", explique-t-il.
Ces renforts sont répartis dans plusieurs casernes du département afin d’augmenter la capacité de réponse des secours.
"Cela permet de préserver notre potentiel d’effectifs, de mettre un petit peu nos personnels au repos, mais également de rehausser notre réponse opérationnelle pour pouvoir fournir davantage de véhicules et créer davantage de secours sur le territoire", détaille le capitaine.
Un partage d'expérience
Au-delà du renfort opérationnel, cette mission est aussi l’occasion de créer des liens entre des pompiers confrontés à des réalités très différentes. "Dans les deux sens, nous partageons notre expérience sur le département de l’Aude, et eux nous partagent leur expérience et ce qu’ils vivent au quotidien sur leur territoire. C’est finalement un échange de bonnes pratiques et de cultures qui se veut tout à fait vertueux", précise Thibaut Paraire.
"C’est une première pour moi de venir aider nos camarades en métropole. Notre détachement de sapeurs-pompiers de Nouvelle-Calédonie, ça nous fait plaisir de venir les aider. C’est une solidarité à double sens parce qu’ils viennent tout le temps nous voir et maintenant, le fait de nous accueillir ici chez eux, ça nous fait plaisir. Pour nous, les sapeurs-pompiers, c’est une grande famille.", détaille le sergent Christophe Koki
La découverte d'une nouvelle organisation
Le séjour permet également aux trois Calédoniens de découvrir une organisation et des moyens sensiblement différents de ceux qu’ils connaissent sur leur territoire. En Nouvelle-Calédonie, les interventions sur les feux de brousse se font souvent avec des moyens plus limités. "Ici, quand ils partent sur un feu, ils partent avec plusieurs moyens, avec des Canadair et des Dash que nous n’avons pas. Nous, on a surtout des hélicoptères bombardiers d’eau, mais ce n’est pas beaucoup", raconte le sergent Robert Sinyeue.
La différence est particulièrement frappante lorsqu’un feu de forêt mobilise les secours dans l’Aude. "Quand on part pour un petit feu, il y a au moins neuf CCFM derrière, puis l’hélicoptère bombardier d’eau et tout le dispositif qui arrive aussi. Chez nous, ce n’est pas comme ça", observe-t-il.
Le sergent Christophe Koki, originaire de Bourail, fait lui aussi le constat d’une importante différence en matière d’effectifs. En Nouvelle-Calédonie, les sapeurs-pompiers dépendent directement des communes. Dans son centre, qui dessert une population d’environ 6 000 habitants, il compte une cinquantaine de volontaires et sept sous-officiers professionnels. "Pour la garde, on est six ou sept", précise-t-il.
De nouvelles méthodes de travail
Les trois pompiers calédoniens repartent également avec de nouvelles méthodes de travail. Christophe Koki a notamment découvert le rôle du centre de traitement de l’alerte et la manière dont les interventions sont coordonnées dans l’Aude.
"Nous, quand il y a l’appel au 18, tout est orienté vers la caserne et c’est nous qui gérons tout. Ici, c’est le CTA qui appelle telle caserne, telle caserne", explique-t-il.
Cette organisation, mais aussi l’utilisation des outils numériques et des applications, ont particulièrement retenu son attention. "On a beaucoup appris parce que nous ne travaillons pas comme ici. On a pu voir comment ils travaillent, comment ça évolue avec les téléphones et les applications. C’est excellent. Maintenant, on va essayer de voir si nous aussi, on ne peut pas travailler avec des applications comme ça pour la suite.", conclut le segent Koki.