À Mirepoix, la rentrée commence sous tension. Vingt-quatre heures après le retour des élèves, enseignants, syndicats, parents d’élèves et élus du Pays de Mirepoix se sont mobilisés devant l’Inspection académique de l’Ariège. Ils dénoncent des effectifs jugés trop élevés, notamment en sixième, et demandent l’ouverture d’une cinquième classe.
« On va devoir pousser les murs »
Pour Emmanuel Guillot, professeur d’anglais au collège de Mirepoix et membre du bureau de Force ouvrière, la situation est déjà préoccupante.
« Nous avons des classes qui nous sont annoncées avec une moyenne de 30 élèves, ce qui est énorme.Et ça, c’est une situation au 1er septembre, mais on sait très bien que chaque année arrivent des élèves, en moyenne sept, voire un peu plus, sur le niveau 6e à Mirepoix. On va donc devoir pousser les murs ou refuser des élèves, ce qui n’est pas acceptable», insiste-t-il.
Cette situation s’est déjà traduite par l’orientation temporaire de deux élèves vers Lavelanet. « De nouveaux élèves sont arrivés sur le secteur de Mirepoix durant l’été, deux élèves de sixième qui relèvent du collège de Mirepoix, mais à l’heure actuelle, on les redirige vers Lavelanet », explique Bénédicte Taurine, enseignante de SVT en sixième.
Elle dénonce également les conditions de transport proposées à l’une des familles :
« C’est une situation inacceptable pour les familles, d’autant que la solution qui a été proposée à l’une des familles concernant les transports, est un trajet en bus liO, c’est-à-dire un transport qui n’est même pas un bus scolaire ».
Parents et élus mobilisés
Les parents d’élèves ont également fait entendre leur voix. « C’est l’inquiétude pour tout le monde de voir toutes ces classes surchargées et qu’il n’y ait pas de conditions favorables pour que nos enfants puissent travailler », témoigne Sanne Gabriner, parent d’élève et référente du lycée pour l’association CAPE.
Les élus demandent eux aussi l’ouverture d’une nouvelle division. « Face à cette situation, on espère que M. le DASEN revienne sur sa décision et qu’il y ait la création d’une nouvelle section en sixième permettant de niveler le nombre d’enfants par classe », souligne Florent Pauly, maire de Dun et président de la Communauté de communes du Pays de Mirepoix.
Après près d’une heure d’échanges, les manifestants sont repartis sans obtenir gain de cause.
« Il nous a écoutés mais il s’est malheureusement retranché derrière l’absence de moyens. Il s’est engagé à appeler le recteur ce soir et plaider la cause de l’établissement de Mirepoix », rapporte Emmanuel Guillot.
Le DASEN maintient le statu quo
Contacté après la mobilisation, Louis Alberici confirme les chiffres : 122 élèves pour quatre classes de sixième, dont deux à 30 élèves et deux à 31. Une situation qu’il qualifie d’« exceptionnelle dans le département ».
Le DASEN assure par ailleurs que les deux élèves initialement orientés vers Lavelanet pourront finalement être scolarisés à Mirepoix.
« On se doit de scolariser au plus près. J’ai entendu la demande des parents, la demande des élus. Il y a une élève d’un médecin qui a choisi de s’installer dans le secteur. Politiquement, ce n’est pas entendable d’empêcher le médecin d’être sur le village. L’Éducation nationale ne va pas contribuer au désert médical », estime-t-il.
En revanche, aucune cinquième classe ne sera ouverte à ce stade. Louis Alberici indique ne disposer d’aucune heure supplémentaire à attribuer au collège. Le statu quo est donc maintenu, avec 122 élèves répartis dans quatre divisions. Une évolution reste possible en fonction des décisions du rectorat.