Sécheresse en Ariège : de nouveaux secteurs placés en crise face à la baisse inquiétante des cours d’eau

Rédigé le 10/07/2026
Stephanie Leborne

« Les débits des cours d’eau poursuivent leur diminution à l’échelle du département », indiquent les services de l’État, qui annoncent le passage en crise de plusieurs secteurs et renforcent les mesures d’économie d’eau.
image météo France
« Le déficit prolongé de précipitations, combiné aux fortes chaleurs et à la vigilance orange canicule, entraîne une baisse très marquée du niveau des cours d’eau », indiquent les services de l’État. « Dans ce contexte, le comité de suivi opérationnel de l’étiage a décidé de placer en crise les bassins versants des affluents de l’Ariège aval et du Sios, en alerte renforcée les bassins versants du Countirou et du Touyre, et en alerte les bassins versants de l’Ariège réalimentée en aval de Foix pour les usages non compensés ainsi que de l’Aude amont (Donezan). »

La nappe souterraine déconnectée de l’Hers-Vif et de l’Ariège est également placée en vigilance.

Des débits toujours en baisse malgré la mobilisation des ressources

Les services de l’État alertent également sur une hausse importante des prélèvements alors que les débits des rivières poursuivent leur diminution. 

« Cette situation est particulièrement observée sur les cours d’eau du Sios, du Touyre et du Volp », précisent-ils.

Sur l’Hers-Vif réalimenté, la retenue de Montbel joue actuellement un rôle essentiel. 

« Depuis le 1er juillet, elle assure le maintien d’un débit minimum à Calmont ainsi que la compensation des prélèvements dans ce cours d’eau et dans sa nappe pour l’irrigation agricole », rappellent les autorités.

Avec des températures qui restent élevées et aucune amélioration météorologique annoncée à court terme, la situation pourrait encore se tendre. 

« Les prévisions de Météo France ne permettent pas d’envisager une amélioration de la situation hydrologique du département dans les prochains jours », soulignent les services de l’État. 

Les besoins en eau des cultures agricoles restent par ailleurs importants, alors que les sols sont particulièrement secs.

De nouvelles mesures de restriction dans plusieurs secteurs

Après consultation du comité de suivi opérationnel de l’étiage, le préfet de l’Ariège a décidé de faire évoluer les niveaux de vigilance :

  • les bassins versants des affluents de l’Ariège aval et du Sios passent en crise ;
  • les bassins versants de l’Arize non réalimentée, des affluents de la Lèze et du Volp restent en crise ;
  • le bassin versant du Touyre passe en alerte renforcée, avant un passage en crise prévu à compter du 20 juillet ;
  • le bassin versant du Countirou passe en alerte renforcée ;
  • le bassin versant de l’Hers-Vif non réalimenté et les autres affluents restent en alerte renforcée ;
  • les bassins versants de l’Ariège réalimentée en aval de Foix pour les usages non compensés et de l’Aude amont passent en alerte ;
  • la nappe déconnectée de l’Hers-Vif et de l’Ariège passe en vigilance.

Les autres secteurs déjà placés en vigilance, notamment l’Arize réalimentée, la Lèze réalimentée, l’Ariège amont et ses affluents, l’Hers-Vif réalimenté, le Douctouyre et le Salat, restent à ce niveau.

Des restrictions renforcées pour les particuliers et les professionnels

Dans les zones classées en crise, seuls les usages prioritaires de l’eau restent autorisés sous conditions : alimentation en eau potable, abreuvement des animaux, santé publique et sécurité publique. L’arrosage des cultures maraîchères demeure possible dans un cadre réglementé, tandis que l’arrosage des jardins potagers est limité aux horaires nocturnes, de 20 h à minuit et de 4 h à 8 h.

Dans les secteurs en alerte renforcée, plusieurs usages sont interdits : remplissage des piscines privées, lavage des véhicules, nettoyage des façades, trottoirs et voiries, ainsi que fonctionnement des fontaines en circuit ouvert. L’arrosage des pelouses, jardins d’agrément et espaces verts est totalement interdit. Les potagers ne peuvent être arrosés qu’entre 4 h et 8 h et entre 20 h et minuit.

Dans les zones en alerte, l’irrigation agricole reste autorisée cinq jours par semaine, avec des restrictions horaires pour l’arrosage des espaces verts et terrains de sport. Le remplissage des piscines est interdit, sauf remise à niveau, et le lavage des véhicules est limité aux systèmes permettant le recyclage de l’eau.

Des contrôles annoncés par les services de l’État

Les restrictions feront l’objet de contrôles menés par la direction départementale des territoires (DDT) et l’Office français de la biodiversité (OFB). En cas de non-respect, les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 1 500 euros pour un particulier et 7 500 euros pour une personne morale.

Même dans les secteurs simplement placés en vigilance, les autorités appellent à adopter des comportements économes. 

« Chacun est invité à utiliser l’eau de manière mesurée », rappellent les services de l’État, qui recommandent notamment aux particuliers d’éviter les gaspillages, de limiter les plantations très consommatrices en eau et de privilégier les équipements économes.

Le préfet demande également aux habitants, dès le niveau vigilance, de ne pas remplir les piscines privées ni laver leurs véhicules, compte tenu de la dégradation générale de la situation dans le département.

Les collectivités, industriels et agriculteurs sont eux aussi appelés à réduire leur consommation : amélioration des réseaux d’eau potable, optimisation de l’arrosage des espaces verts, recyclage des eaux de nettoyage, recours à des matériels d’irrigation économes ou encore choix de cultures moins gourmandes en eau.

« Des contrôles seront réalisés dans les prochains jours par les services de l’État », précisent les autorités. L’arrêté préfectoral pourra être réactualisé en fonction de l’évolution de la situation hydrologique et des conditions météorologiques.