Affaire Louis Hervé : le Département de l’Aude prend la parole et défend l’Aide sociale à l’enfance

Rédigé le 04/07/2026
Mélanie Eve

Ce mercredi 1er juillet, à Carcassonne, Hélène Sandragné, présidente du Conseil départemental de l’Aude, est sortie de son silence après la mort de Louis Hervé. Elle a dénoncé "la récupération politique" et défendu les services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

Après le tragique décès de Louis Hervé, adolescent tué dans un guet-apens, Hélène Sandragné, présidente du Conseil départemental de l’Aude, est sortie de son silence ce mercredi 1er juillet lors d’une conférence de presse. Accompagnée de Chloé Danillon, vice-présidente en charge de l’enfance et de la famille, elle a dénoncé "la calomnie" et la "récupération politique" autour de cette affaire, tout en défendant le travail des services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

Jusqu’à présent, le Département s’était limité à un communiqué de presse. "Face à ce drame effroyable, nous avons choisi le silence et la retenue, car cela nous paraît être l’attitude la plus digne à adopter", a expliqué Hélène Sandragné, estimant que "la douleur ne se commente pas, elle s’accompagne".

La présidente a d’abord adressé ses pensées à la famille de Louis, réaffirmant "l’immense chagrin" du Département. Elle a également rappelé que des cellules de soutien psychologique avaient été mises en place afin d’accompagner les jeunes et les professionnels de l’Aide sociale à l’enfance touchés par le drame.

"Je ne suis pas devant vous pour pousser un coup de gueule, mais pour tirer un signal d’alarme. Pour dire stop à la calomnie et à la récupération politique. Dans cette affaire, il y a une victime et cinq coupables présumés. Il appartient à la police et à la justice de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame", a-t-elle déclaré.

Une défense appuyée de l’Aide sociale à l’enfance

Très critique envers les accusations visant les services départementaux, Hélène Sandragné a tenu à défendre le travail des éducateurs.

"Au lieu d’être salués pour le travail qu’ils accomplissent chaque jour, ils sont vilipendés. C’est inadmissible", a-t-elle regretté.

La présidente a également souhaité corriger plusieurs informations largement relayées depuis le drame. Selon elle, Louis et les cinq auteurs présumés "n’ont jamais vécu dans le même foyer ni dans la même structure de l’ASE".

"Nous avons plus de 1 700 enfants confiés à l’ASE et plus de 4 300 enfants accompagnés. Tous ne vivent évidemment pas au même endroit", a-t-elle insisté.

Elle a également rappelé que Louis avait intégré un foyer de l’ASE avec l’accord de ses parents après sa sortie d’un établissement médico-social, faute de solution adaptée.

"Nous accueillons des jeunes qui devraient relever d’autres structures. Si nous ne les prenons pas, ils sont à la rue. Le Département est le dernier rempart social face au manque d’offres médicales et judiciaires. Je refuse que le Département de l’Aude devienne le théâtre de la haine.", conclut-elle.