C'est un revirement spectaculaire dans l'une des affaires criminelles les plus marquantes de ces dernières années. Condamné en octobre 2025 à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse, Delphine Jubillar, Cédric Jubillar aurait reconnu sa responsabilité dans sa disparition, informent nos confrères de la Dépêche du Midi. Dans une lettre manuscrite adressée à l'un de ses avocats, Me Pierre Debuisson, et que nos confère ont pu consulter, il admet pour la première fois les faits, plus de cinq ans après la disparition de l'infirmière tarnaise.
Ces aveux interviennent alors que son procès en appel doit s'ouvrir en septembre devant la cour d'assises de Toulouse. Un bouleversement judiciaire qui pourrait conduire à un supplément d'information et modifier en profondeur le calendrier de la procédure.
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Une disparition qui avait bouleversé la France
Pour rappel, Delphine Jubillar disparaîssait mystérieusement de son domicile de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, où elle vit avec son mari et leurs deux enfants dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. À son départ, son téléphone portable, ses clés et ses effets personnels sont retrouvés dans la maison. Aucun signe d'effraction ni de lutte n'est relevé, mais malgré d'importants moyens de recherche déployés pendant plusieurs années, aucun corps n'est retrouvé.
Très rapidement, les enquêteurs privilégieront la piste criminelle. Les investigations s'orienteront vers son époux, dans un contexte de séparation conflictuelle. Delphine Jubillar envisagera alors de refaire sa vie avec un autre homme, ce qui nourrit de fortes tensions au sein du couple.
Le récit d'une dispute qui aurait viré au drame
Dans son courrier, Cédric Jubillar reviendrait sur la soirée précédant la disparition de son épouse. Selon ses écrits, une nouvelle dispute aurait éclaté dans un climat particulièrement tendu, marqué par des insultes et une forte dégradation de leurs relations.
Ses avocats précisent toutefois que leur client réserve à la justice le récit détaillé des circonstances du décès et affirme vouloir coopérer pleinement avec les magistrats afin d'apporter toutes les explications nécessaires.
Le détenu confirmerait également que la Peugeot 207 bleue du couple aurait bien servi à transporter le corps de Delphine Jubillar. Il se dit désormais disposé à indiquer l'endroit où se trouvent les restes de la victime afin de permettre leur découverte. En revanche, il conteste certains éléments retenus au cours de l'enquête, notamment concernant le déplacement et la position du véhicule, estimant que plusieurs témoignages, y compris celui d'une proche de Delphine, ne correspondent pas à la réalité.
Une enquête relancée
Ces aveux constituent un tournant majeur dans un dossier où, jusqu'à présent, Cédric Jubillar avait toujours proclamé son innocence. Ils pourraient conduire la présidente de la cour d'assises d'appel à ordonner un supplément d'information.
Les premières étapes consisteraient à entendre officiellement Cédric Jubillar afin de consigner ses déclarations dans un procès-verbal, puis à organiser de nouvelles recherches sur la base des indications qu'il fournirait pour retrouver le corps de Delphine Jubillar. Si ces recherches aboutissent, les expertises médico-légales pourraient permettre de déterminer, au moins en partie, les causes du décès, un élément qui a toujours fait défaut dans cette affaire.
Le procès de septembre remis en question ?
Ce revirement intervient à quelques semaines de l'ouverture du procès en appel, prévue le 21 septembre devant la cour d'assises d'appel de Toulouse, pour une durée de quatre semaines.
En première instance, devant la cour d'assises d'Albi, Cédric Jubillar avait été condamné à trente ans de réclusion criminelle pour meurtre. Cette condamnation avait été contestée par ses anciens avocats, Mes Alexandre Martin et Emmanuelle Franck, qui avaient interjeté appel.
Au début de l'année 2026, Cédric Jubillar avait décidé de changer de défense en confiant son dossier à Mes Pierre et Guy Debuisson. C'est dans ce contexte que seraient intervenus ces aveux, susceptibles de rebattre complètement les cartes d'un dossier qui, pendant plus de cinq ans, est resté marqué par l'absence du corps de la victime et par les dénégations constantes de l'accusé.
Si ces déclarations sont officiellement confirmées devant la justice, elles ouvriraient une nouvelle phase de l'enquête et pourraient apporter, enfin, des réponses attendues depuis décembre 2020 par la famille de Delphine Jubillar et par l'ensemble des parties civiles.