La LPO Occitanie a inauguré ce mardi 8 septembre sa nouvelle volière de fixation à Bugarach, destinée à favoriser l'installation d'une nouvelle population de vautours moines dans l'Aude.
Un long projet porté depuis plusieurs années avec de nombreux partenaires et acteurs locaux. Deux vautours moines sont actuellement installés dans la volière. Deux autres doivent prochainement les rejoindre. Ces oiseaux, inaptes à être relâchés dans la nature, ont un rôle particulier : servir de "point d'appel" pour leurs congénères.
"Nous accueillons des espèces qui sont inaptes à être relâchées dans la nature et qui sont là pour servir d'appel pour essayer de fixer une nouvelle population de l'espèce dans le département de l'Aude", explique Paul Janin, salarié de la LPO Occitanie en charge de la préservation des rapaces et des vautours à Quillan.
L'objectif est de reproduire artificiellement les conditions d'une colonie déjà installée afin d'attirer des oiseaux sauvages et, à terme, de nouveaux couples.
"La volière, c'est le centre d'un dispositif qui vise à faire comme si nous avions une population installée de l'espèce sur le département de l'Aude afin que de nouveaux couples s'y installent pour de vrai.", détaille Paul Janin
Le dispositif répond à une difficulté propre au vautour moine : l'espèce colonise difficilement de nouveaux territoires et a besoin de la présence de ses congénères pour s'installer.
"Le vautour moine a besoin de ses congénères pour s'installer et a une stratégie de colonisation de territoire très mauvaise et faible. Si nous devons attendre qu'ils le fassent tout seuls, ça n'arriverait jamais ou alors dans très longtemps", précise Paul Janin.
La commune de Bugarach constitue déjà un secteur important pour les actions en faveur des vautours. Depuis le début des années 2000, la LPO y travaille notamment avec le monde de l'élevage.
"Il y a pas mal d’acteurs, un des partenaires de la LPO, c’est le monde de l’élevage. Nous avons 23 placettes d'équarrissages présentes chez les éleveurs du département de l’Aude, avec 68 éleveurs exploitants qui viennent déposer leurs mortalités. Sans eux, nous n’aurions pas pu accueillir les vautours et nous n’aurions pas les populations que nous avons aujourd’hui."
Une vigilance aux menaces
La LPO reste toutefois vigilante face aux menaces qui pèsent sur les vautours, notamment les empoisonnements. Les oiseaux peuvent être victimes de carcasses empoisonnées destinées à d'autres animaux.
"Les empoisonnements chez les vautours et les nécrophages, c'est une cause de mortalité qui est très importante et qui progresse depuis des années. Ils ne sont pas toujours visés en premières intentions, mais ça peut être des prédateurs comme les renards et les loups, mais les vautours mangent des carcasses empoisonnées. Il y a eu des cas récemment dans le département."
Plusieurs actions
Le projet va se poursuivre avec plusieurs actions, notamment l’installation de plateformes dans les arbres et la création de sites d’alimentation spécifiques. Les équipes suivront également l’évolution de la population afin de surveiller l’installation éventuelle de nouveaux oiseaux.
"C’est un projet de longue haleine, aujourd’hui c’est une vraie satisfaction. Le travail n’est pas totalement encore accompli, il va falloir continuer notamment avec la mise en place d’aires artificielles, de sites de nourrissage, mais c’est une grosse pierre qui est posée aujourd’hui. Nous sommes heureux.", conclut-il.
Le projet, porté par la LPO Occitanie avec le Département de l’Aude, la Réserve africaine de Sigean et l’État, doit désormais permettre de suivre l’arrivée éventuelle de nouveaux vautours et, à terme, de favoriser l’installation d’une véritable colonie à Bugarach.