Le compte à rebours est lancé. Dans moins de cent jours, la facturation électronique deviendra une réalité pour toutes les entreprises assujetties à la TVA. À compter du 1er septembre 2026, elles devront être en mesure de recevoir leurs factures via une plateforme agréée.
Mais en Ariège, la mobilisation reste encore timide. Sur près de 24 000 entreprises concernées, seules 2 500 ont officiellement finalisé leur inscription. Un chiffre qui inquiète les services fiscaux.
« Il reste beaucoup de travail et beaucoup d'entreprises à identifier et à immatriculer », alerte Philippe Poulain, directeur départemental des finances publiques de l'Ariège.
Face à ce constat, les finances publiques lancent une campagne de communication pour tenter d'accélérer les démarches avant l'échéance de septembre.
Une majorité d'entreprises encore hors des radars
Le faible nombre d'inscriptions ne reflète toutefois pas entièrement la réalité. Certaines entreprises recensées n'ont plus d'activité effective et ne constituent donc pas le cœur de cible de la réforme. D'autres ont déjà entamé leurs démarches sans les avoir finalisées.
« Sur ces 25 000 entreprises, il y en a une bonne partie qui sont assujetties effectivement à l'obligation (...). Et les 2 500 qui sont immatriculées, c'est en minoran aussi, puisqu'on sait qu'il y en a beaucoup qui ont engagé une démarche, mais qui ne sont pas allés jusqu'à la signature effective. Mais effectivement, il reste beaucoup de travail et beaucoup d'entreprises à identifier et à immatriculer », souligne Philippe Poulain.
Reste que le chiffre interpelle : à moins de trois mois de l'entrée en vigueur de la réforme, près de neuf entreprises sur dix n'apparaissent pas encore dans les statistiques officielles d'immatriculation.
Une réforme qui va changer les habitudes
Derrière cette échéance se cache une transformation profonde des échanges entre professionnels. Fini, à terme, les factures papier ou les PDF envoyés par courriel : les données transiteront désormais par des plateformes spécialisées.
« C'est un format d'échange de données entre les entreprises qui va permettre d'alléger considérablement les tâches de gestion », explique Philippe Poulain. « C'est une réforme de compétitivité pour les entreprises. Mais effectivement, ça implique des changements de process dès le 1er septembre 2026, avec l'adhésion à une plateforme puisque c'est par ces plateformes que se fera l'échange de données nécessairement. »
Plus de 130 plateformes sont aujourd'hui agréées au niveau national. Chaque entreprise doit choisir celle qui correspond le mieux à son activité.
Objectif : être prêt le 1er septembre
Pour l'heure, l'administration privilégie l'accompagnement plutôt que la menace de sanctions. « Notre sujet, c'est vraiment d'être à l'heure le jour J », insiste le directeur départemental des finances publiques.
Aucune sanction immédiate n'est mise en avant à ce stade. Mais le message est clair : l'échéance, elle, ne bougera plus. Et alors que le 1er septembre approche à grands pas, les finances publiques espèrent convaincre plusieurs milliers d'entreprises ariégeoises de franchir le pas avant la rentrée.