« Des rafales à plus de 100 km/h ont provoqué des sautes de feu jusqu'à 200 à 300 mètres du foyer principal, favorisant une nouvelle propagation », explique le colonel Olivier Blanco, directeur du SDIS de l'Ariège.
Une reprise qui inquiète les autorités.
« Nous gardons en mémoire ce qui s'est passé récemment dans la Drôme, où un incendie s'est propagé très rapidement. Ici, nous sommes en montagne, dans des secteurs totalement inaccessibles », souligne le préfet de l'Ariège, Hervé Brabant. Depuis le début de l'intervention, plus d'une centaine de largages aériens ont déjà été effectués, notamment par deux Canadair.
Des évacuations préventives et la Maison du Valier sécurisée
Le feu n'a pas encore atteint de zone habitée, mais plusieurs mesures de précaution ont été prises.
Quelques cabanes pastorales, des granges et des maisons isolées ont été évacuées. La Maison du Valier fait également l'objet d'une surveillance particulière. « Elle est sécurisée par la Gendarmerie nationale afin de pouvoir servir de point d'appui pour l'évacuation de personnes, mais aussi des animaux présents en estive », précise le préfet.
Les autorités rappellent que de nombreux troupeaux se trouvent actuellement en montagne, ce qui complique également les opérations.
Deux hélicoptères Sikorsky tchèques en renfort
Ces appareils sont essentiels dans une zone où les véhicules de secours ne peuvent accéder.
« Les pompiers sont héliportés pour réaliser des opérations de grattage ou créer des pare-feu. Mais avec un vent soufflant à plus de 100 km/h, les flamèches peuvent être transportées très loin et les départs de feu se multiplier », explique Hervé Brabant.
Un incendie révélateur d'une montagne de plus en plus sèche
Pour le colonel Olivier Blanco, la multiplication de ce type d'incendies est un indicateur fort du changement climatique en cours.
Un constat partagé par Stéphane Villarubias, directeur de l'agence ONF Ariège-Aude-Pyrénées-Orientales.
« Aujourd'hui, les paysages donnent l'impression d'être au 15 août ou au 15 septembre. Les sols et les litières sont extrêmement secs », observe-t-il. Une situation qui inquiète également les éleveurs, confrontés à un manque d'herbe dans certaines estives.
Les autorités maintiennent enfin leur appel à la plus grande vigilance et rappellent que l'usage du feu est strictement interdit dans les espaces naturels.