Ce lundi à 19 heures, le collectif 11 Droits des Femmes s’est rassemblé devant le tribunal de Carcassonne pour dénoncer les défaillances dans la prise en charge des violences faites aux femmes et aux enfants.
Cette mobilisation intervient dans le contexte de l’affaire Lyhanna, retrouvée décédée dans le Gers. Le principal suspect était connu depuis plusieurs années des services de justice, un élément qui suscite aujourd’hui de "nombreuses interrogations et une vive émotion."
Une centaine de personnes ont répondu présent à l’appel. Claire Borde, membre du collectif 11 Droits des Femmes, explique les raisons de cette mobilisation : "La mort de Lyhanna et les circonstances de celle-ci, puisqu’elle aurait été tuée par quelqu’un qui était connu des services de justice, ont provoqué une immense émotion. Cette émotion rejoint ce que les associations de défense des femmes et des enfants dénoncent depuis des années : la nécessité de mieux prévenir les violences et de mieux protéger les victimes."
Le collectif réclame notamment l’adoption d’une loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, inspirée du modèle espagnol. "En Espagne, il existe une loi-cadre intégrale avec davantage de moyens pour la prévention, les enquêtes, la justice et la formation des professionnels. Nous demandons une véritable politique publique capable de prévenir ces drames et d’apporter une réponse judiciaire plus efficace", détaille Claire Borde.
Une réflexion sur la culture du viol
Le rassemblement a débuté par l’écoute d’une chanson écrite en hommage à la petite Lyhanna, âgée de 11 ans. Le collectif a également proposé une danse symbolique réalisée par plusieurs participantes afin de rendre hommage à la jeune victime et de dénoncer les violences faites aux enfants.
Tout au long de la mobilisation, plusieurs slogans ont été scandés ou affichés devant le tribunal de Carcassonne : "Violeur, on te voit", "On ne naît pas femme, mais on n’en meurt pas" et "vous dites pulsion, mais c’est violer". Des pancartes portant ces messages ont été installées devant le palais de justice.
"C’est trop facile de penser que les pédocriminels ou les violeurs sont des monstres éloignés de nous. Faire reculer la culture du viol, c’est aussi accepter de regarder la réalité en face : les auteurs de violences peuvent être des personnes intégrées dans la société, parfois respectées dans leur entourage", explique Claire Borde.