Ariège : accusé de s'être exhibé devant une école, un homme finalement condamné pour outrage à agent, un second condamné après des appels à la vengeance

Rédigé le 10/06/2026
Stephanie Leborne

Trois jours après les faits qui ont provoqué un vif émoi à Tarascon-sur-Ariège, le parquet de Foix a livré ses premières conclusions. Si les investigations n'ont pas permis de caractériser "formellement" l'exhibition sexuelle dénoncée près de l'école du Pradelet, l'homme interpellé a été condamné à six mois de prison pour avoir outragé deux gendarmes. L'auteur des appels à la « justice privée » diffusés sur les réseaux sociaux a, lui aussi, écopé de six mois d'emprisonnement.

Le parquet de Foix a apporté ce mercredi 10 juin des précisions sur les faits qui suscitent une vive émotion à Tarascon-sur-Ariège depuis lundi. Selon plusieurs témoignages recueillis dans les heures suivant les faits, un homme, « visiblement sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants », était accusé de s'être entièrement dévêtu en pleine journée à proximité immédiate de l'école primaire du Pradelet.

« Il s'est exhibé, complètement nu devant eux »

Selon Xavier Panon, père d'une des enfants entendues dans le cadre de l'enquête et ancien représentant des parents d'élèves, les faits se seraient produits entre midi et deux, alors que les élèves étaient conduits au service de restauration.

« J'ai été prévenu en début d'après-midi », raconte le Tarasconnais. « Donc en pleine journée, cet homme qui était à mon avis ivre ou drogué a interpellé les enfants qui se trouvaient à l'intérieur de l'établissement scolaire, leur demandant où ils habitaient, puis il a retiré son pantalon et son slip. Il s'est exhibé, complètement nu devant eux. »

Le père de famille affirme également que plusieurs enfants ont été particulièrement choqués par le comportement de l'individu envers son animal. « Les enfants ont aussi été marqués parce qu'il frappait son chien. Puis il a retiré son pantalon et son slip. Il s'est exhibé, complètement nu. »

Le lendemain, sa fille de huit ans a été entendue par les gendarmes. « Hier, nous avons passé près de deux heures à la gendarmerie avec notre fille pour qu'elle puisse raconter ce qu'elle avait vu et expliquer son ressenti », poursuit-il. « À huit ans, elle ne comprend pas comment une telle chose peut arriver. Aujourd'hui, elle nous demande surtout si cet homme va ressortir. Elle a ressenti une véritable insécurité. »

Des appels à la vengeance

Très vite, l'affaire a suscité de nombreuses réactions parmi les habitants. Sur les réseaux sociaux, certains internautes ont appelé à retrouver le suspect.

« Je demande aux personnes me connaissant que si quelqu'un le revoit traîner dans Tarascon, il me contacte de suite. Il faut qu'on s'en occupe, car sûrement que demain il sera libéré. N'attendons pas comme pour la petite Lyhanna. Soyons solidaires, ça fera réfléchir le prochain », pouvait-on lire sur Facebook.

Face à la montée des tensions, la municipalité de Tarascon-sur-Ariège avait rapidement appelé au calme et mis en garde contre toute forme de « justice populaire ».

Le parquet évoque des témoignages contradictoires

Ce mercredi 10 juin, le parquet de Foix a communiqué les premiers résultats des investigations.

Selon le procureur, « trois élèves [ont] rapporté à une animatrice de l'école qui les conduisait à la cantine, qu'un homme présent dans le square leur avait montré ses fesses en baissant son pantalon ».

L'individu, interpellé par les gendarmes de Tarascon-sur-Ariège, a été placé en garde à vue pour des faits d'exhibition sexuelle et pour des outrages commis à l'encontre de deux militaires lors de son arrestation, alors qu'il se trouvait « dans un état d'ébriété avancé ».

« La ceinture de son vêtement ne remplissait effectivement plus son rôle »

Mais les investigations menées depuis lundi ont fait apparaître « des éléments contradictoires sur le déroulement des faits ». Le parquet précise que « les autres investigations réalisées par les gendarmes, notamment d'autres auditions et l'exploitation de caméras de vidéo-surveillance, n'ont pas permis de caractériser "formellement" l'infraction d'exhibition sexuelle dénoncée ».

Le communiqué indique également que « l'une des jeunes filles a elle-même évoqué le caractère accidentel des faits reprochés, l'homme s'étant relevé d'un banc sur lequel il était allongé, et son pantacourt ayant glissé ». Les enquêteurs ont par ailleurs constaté que « la ceinture de son vêtement ne remplissait effectivement plus son rôle ».

Six mois de prison pour les outrages et interdiction de paraître près de l'école

Si le mis en cause « n'est pas connu des services de justice pour des faits d'exhibition, ou pour des infractions de nature sexuelle ou en lien avec des mineurs », il a néanmoins été poursuivi en raison des outrages commis à l'encontre de deux gendarmes, en état de récidive légale.

Reconnu coupable, il a été condamné à six mois d'emprisonnement ferme, sans aménagement immédiat de sa peine. Il lui est également interdit de paraître aux abords de l'école primaire du Pradelet pendant une durée de deux ans.

L'homme à l'origine des appels à la « justice privée » lui aussi condamné 

Les appels à « s'occuper » du suspect ont également donné lieu à une procédure judiciaire.

Le parquet de Foix a ouvert une enquête visant l'auteur du premier message diffusé sur Facebook, dans lequel figuraient des éléments permettant d'identifier et de localiser l'homme interpellé.

Déjà condamné l'an dernier à une peine de prison avec sursis pour des violences avec arme, l'auteur du message a reconnu les faits. Jugé dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité : L’auteur des propos illicites, lui aussi connu de services de justice, et condamné l’année dernière à une peine d’emprisonnement avec sursis pour des violences avec arme, a reconnu ses torts et a également été déféré selon la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. 

Les peines proposées et acceptées par l’intéressé ont été validées par le juge des libertés et de la détention : 3 mois d’emprisonnement et révocation partielle de la peine assortie du sursis précédemment prononcée à hauteur de 3 mois. 

Cette peine totale de 6 mois n’a pas été aménagée immédiatement. A titre de peines complémentaires, le mis en cause a fait l’objet d’une interdiction de porter ou de détenir une arme pendant 3 ans, et il devra également effectuer à ses frais un stage de sensibilisation au respect des personnes dans l’espace numérique et à la prévention des infractions commises en ligne.

Il devra en outre suivre, à ses frais, un stage de sensibilisation au respect des personnes dans l'espace numérique et se voit interdire de porter ou de détenir une arme pendant trois ans.