À Saint-Hilaire, à quelques kilomètres de Pomas, le paysage porte encore les traces de la tornade qui a frappé le secteur lundi soir. Près de 40 heures après le passage du phénomène, les habitants tentent de mesurer l’ampleur des dégâts et de commencer à reconstruire.
À Pomas, le bilan matériel est considérable : 330 maisons ont été touchées, dont 102 devront être entièrement détruites. Les communes voisines ont elles aussi été durement frappées, notamment Saint-Hilaire.
C’est là que vivent Séverine Merat et son compagnon Nicolas, maraîchers et éleveurs. Lundi soir, ils étaient chez eux avec leurs enfants lorsqu’ils ont vu la tornade se former.
« Nous avons vu se former au-dessus de notre tête une tornade qui s'est abattue sur nous, mais en l'espace de quelques secondes seulement », raconte Séverine. Face à la violence du phénomène, le couple prend une décision instinctive : « Par instinct de survie, nous avons pris la fuite en voiture. »
Mais leur fuite les conduit directement dans la tornade. « On s'est retrouvés en voiture dans cette tornade qui balayait tout. On a réussi à se sortir vivants », témoigne-t-elle.
Quelques minutes plus tard, lorsqu’ils reviennent sur leur exploitation, le constat est terrible.
« Sur place, ça a été un chaos sans nom. On a été rayés de la carte. »
Leur habitation, leur serre de maraîchage, les bâtiments destinés aux animaux, les clôtures et les poulaillers ont été détruits. « Tout a été détruit, littéralement déchiqueté, et on a perdu également le fruit de toutes ces années de travail », explique Séverine.
Des centaines d’arbres ont également été arrachés. Pourtant, dans ce paysage dévasté, un immense soulagement demeure : aucun membre de la famille n’a été blessé et tous leurs animaux ont survécu. « Je ne sais pas comment parce qu'il n'y a plus de clôture, il n'y a plus de bâtiments, il n'y a plus d'arbres. Mais elles sont toutes en vie, nos animaux, nos chiens, nos chèvres, nos ânes. »
Une solidarité immédiate
Dès leur retour, Séverine et Nicolas ont découvert que l’aide s’était déjà organisée. « À notre retour de ces 10 minutes où on s'est mis à l'abri, il y avait déjà […] des gens qui étaient sur place, qui étaient arrivés avec des tronçonneuses, avec des camions, qui étaient déjà là pour nous aider avant même notre retour sur place. »
Des habitants de Saint-Hilaire leur ont également offert un toit. Le couple et ses enfants sont aujourd’hui hébergés dans une maison mise à leur disposition.
Les besoins sont désormais très concrets. « On a besoin de produits d'hygiène, par exemple, parce qu'on n'a même plus une brosse à dents », explique Séverine. Deux appels aux dons ont été lancés pour soutenir la famille et permettre, à terme, de reconstruire l’exploitation.
Sécurisation à Pomas
Les opérations de sécurisation se poursuivent avec 120 pompiers et des gendarmes mobilisés sur le terrain. Les experts évaluent notamment les risques d’effondrement des bâtiments fragilisés.
À Pomas, l’école, lourdement endommagée, ne pourra pas accueillir les élèves à la rentrée. Une solution doit être trouvée dans les communes voisines.
Dans les villages frappés par la tornade, l’heure est désormais au nettoyage et à la sécurisation.