Les pluies hivernales n'ont pas dissipé les inquiétudes. Dans un communiqué publié début juin, la Confédération paysanne de l'Ariège alerte sur les conséquences d'un printemps chaud et précoce.
« Ce début d'année nous le rappelle une fois de plus : les bonnes pluies d'hiver ne garantissent pas un printemps ni un été serein », souligne le syndicat. « La douceur d'avril et le coup de chalumeau de mai ont bien entamé les réserves superficielles. Des prairies aux vergers, en passant par les cultures maraîchères et céréalières, les agriculteurs ont déjà dû s'adapter aux fortes chaleurs et attendent désormais le retour des pluies.»
« Un effort similaire » pour les exploitations non irriguées
La Confédération paysanne juge la répartition des soutiens publics déséquilibrée.
« Beaucoup de temps, d'énergie et d'investissements publics sont consacrés à consolider certains systèmes d'irrigation (...), permettant à 6 % des exploitations françaises de bénéficier de quotas de volumes tous les ans », affirme-t-elle.
Le syndicat réclame « un effort similaire » pour les 94 % d'agriculteurs qui n'irriguent pas et qui doivent parfois recourir au réseau d'eau potable pour abreuver leurs animaux ou maintenir leurs cultures.
« Nous, paysan·ne·s, sommes prêt·e·s à protéger et économiser la ressource en eau mais nous ne pourrons le faire sans un rééquilibrage de l'accompagnement, des volumes attribués et des financements, sur des bases de l'intérêt général. »
L'organisation plaide notamment pour le stockage de l'eau dans les sols, la récupération des eaux de pluie et le développement de pratiques plus sobres.
Priorité à l'eau potable et aux productions alimentaires
« Bien évidemment, les milieux naturels et les besoins pour l'eau potable sont prioritaires dans la hiérarchisation des affectations de la ressource », rappelle la Confédération paysanne.
Pour les usages agricoles, le syndicat estime que « l'abreuvement des animaux et les productions qui relocalisent l'alimentation et favorisent les emplois en agriculture, en particulier le maraîchage, doivent primer sur les productions exportatrices, industrielles et énergétiques ».
Il demande également une gouvernance « plus démocratique » de l'eau, associant citoyens, usagers, non-irrigants et associations environnementales.
« C'est en suivant ces directions que nous pourrons aller dans le sens de la préservation et de la sécurisation d'une agriculture viable, durable, responsable face au commun vital qu'est l'eau », conclut le syndicat.


