Rassemblement d’élus, bougies allumées : les hommages aux 113 bovins abattus à Léran se multiplient

Rédigé le 03/01/2026
Stephanie Leborne

L’émotion était vive, ce vendredi 2 janvier, en Ariège. À la suite de l’abattage de 113 bovins à Léran, décidé après la détection d’un cas de DNC au sein d’un cheptel, élus, habitants et représentants agricoles se sont mobilisés tout au long de la journée pour témoigner leur solidarité envers l’éleveur touché et, plus largement, le monde agricole.

À midi, une centaine d’élus s’est rassemblée devant le siège de l’intercommunalité du pays de Mirepoix afin d’afficher publiquement son soutien aux éleveurs. Le soir venu, toujours à Mirepoix, plusieurs dizaines de personnes se sont réunies pour un moment de recueillement, allumant 113 bougies en hommage aux animaux abattus et à l’éleveur concerné.

113 bougies ont été allumées en hommage aux 113 bovins abattus

Présent plus tôt à l’entrée sud du tunnel de Foix, bloquée depuis le 29 décembre dernier par les agriculteurs, Florent Pauly, vice-président de l’Association des maires ruraux de l’Ariège et président de la communauté de communes du pays de Mirepoix, a expliqué les raisons de cette mobilisation :

« C’est la famille Dandou, une famille de notre secteur, bien connue. Étienne Dandou, le père, est élu sur la commune de Léran, on le connaît très bien. Forcément, cela nous touche. On voulait montrer notre soutien à cette famille, et c’était aussi la volonté des élus de se remobiliser pour montrer que nous sommes aux côtés des agriculteurs et faire remonter leurs revendications : la première concerne le protocole, on n’arrive à comprendre alors que tous les troupeaux ariégeois ont été vaccinés et que leur immunité est donc faites, l’abattage total est maintenu. Il faut que ça soit revu. Aussi, le contexte financier avec des sommes sous évaluées ».

Florent Pauly, président de la communauté de communes
du pays de Mirepoiximage SL

Autre point important pour l’élu, la problématique de la commande publique :

« Les 3000 bovins qui vont rentrer sur le marché après vaccination, il faut pouvoir les écouler sur le marché local, puisqu’ils seront bloqué 14 mois sur le marché Européens, donc il va falloir les ingurgiter sur le marché local. Certes les supermarché vont faire des offre promotionnelles, les bouchers vont jouer le jeu, mais on a aussi la grosse partie de la restauration collective, que ce soit les collèges, les lycées, et même des communes, mais pour ça, on est bloqué par le code des marchés publiques, donc il faut voir comment on peut déroger à cette règle, et permettre sur un temps restreint, de pouvoir s’approvisionner en local. Et là l’Etat pourrait jouer le jeu et prendre des animaux locaux sur ses commandes publiques »

Une centaine d’élus s’est rassemblée à Mirepoix pour afficher leur soutien aux éleveurs – image Cécile Rivière

Une opération coup de poing à Foix, Pamiers et Saint-Girons

De son côté, la Coordination rurale de l’Ariège, qui avait fait le choix « de respecter la décision de l’éleveur et de ne pas s’opposer à l’abattage du troupeau« , a néanmoins tenu à exprimer son mécontentement. Le syndicat a organisé plusieurs actions coup de poing devant la préfecture de Foix ainsi que les sous-préfectures de Pamiers et de Saint-Girons.

Au total, 38 engins agricoles ont convergé vers la préfecture de Foix, dont 35 bennes chargées de fumier et de gravats. Trente-quatre engins ont été recensés à Pamiers et une quinzaine à Saint-Girons, représentant plusieurs centaines de tonnes de matériaux déposés pour marquer la colère du monde agricole.