Dans une lettre ouverte adressée aux agriculteurs ce dimanche 4 janvier 2026, Sébastien Lecornu, Premier ministre, dresse un constat sévère des contraintes pesant sur la profession, réaffirme le maintien du budget de la PAC et annonce un durcissement des contrôles sur les importations, tout en promettant une action « plus ferme, plus offensive » de l’État.
« Parce que nous tous, Français, savons ce que nous devons à celles et ceux qui chaque jour nous nourrissent.» , Sébastien Lecornu
« Depuis trop longtemps, un sentiment domine dans votre profession : celui d’une injustice profonde »
« Je ne vous écris pas pour vous rassurer, mais pour vous dire les choses clairement », écrit Sébastien Lecornu, Premier ministre, ce lundi dans une lettre ouverte adressée aux agriculteurs de France.
Le chef du gouvernement y décrit la situation du monde agricole : « Depuis trop longtemps, un sentiment domine dans votre profession : celui d’une injustice profonde, celui d’une iniquité structurelle, celui d’un empilement de règles venues de loin qui, parfois, ont perdu leur bon sens. » Il précise : « Ce constat, le Gouvernement ne le minimise pas. Il le partage, et il en tire des conséquences. »
« Rétablir la justice économique. Supprimer ou adapter des règles qui pénalisent notre agriculture »
Le Premier ministre affirme une orientation politique : « Notre boussole est désormais assumée : mettre fin aux deux poids deux mesures. Rétablir la justice économique. Supprimer ou adapter des règles qui pénalisent notre agriculture sans pour autant toujours protéger efficacement l’environnement ou la santé. » Il ajoute : « Ce cap n’est pas idéologique : il est concret. »
Sébastien Lecornu rappelle les mesures engagées par l’exécutif : « Depuis quelques années, une rupture a été engagée et la ministre Annie Genevard la porte quotidiennement auprès de tous ses interlocuteurs pour assurer votre défense. » Il détaille : « Les règles ont commencé à être simplifiées : un contrôle administratif unique, des délais de recours raccourcis, un allégement des obligations de la politique agricole commune (PAC) et de ses charges administratives, la reconnaissance de la bonne foi des agriculteurs, la fin des sanctions automatiques et disproportionnées… »
« Nous devons avoir des solutions sur le long terme ; et donc défendre une vision. »
Concernant la gestion des crises, il écrit : « Face aux crises, l’État a répondu systématiquement et continuera à le faire. » Il cite notamment les crises sanitaires récentes et précise que « le gouvernement donnera tous les moyens nécessaires » afin d’adapter les protocoles sanitaires et de garantir l’exportation du bétail vacciné. Il ajoute : « Nous devons avoir des solutions sur le long terme ; et donc défendre une vision. »
Sur le plan européen, Sébastien Lecornu indique : « Le budget de la PAC ne baissera pas, ni aujourd’hui, ni demain : il n’y aura donc pas un centime de moins pour le revenu agricole. » Il précise également : « Quant aux accords commerciaux, ils seront combattus à chaque fois qu’ils seront déséquilibrés. »
Des arrêtés pour suspendre certaines importations
Le Premier ministre estime que « ces décisions comptent » mais reconnaît qu’« elles ne suffisent pas encore ». Il annonce « une phase plus ferme, plus offensive », notamment sur les importations : « Il n’est plus acceptable que l’on tolère la présence de substances interdites en France dans les produits importés qui entrent sur notre marché. »
Il indique : « Des arrêtés vont être pris par le Gouvernement cette semaine » pour suspendre certaines importations. Il affirme : « Les contrôles sur les importations seront massivement renforcés. » Et précise le principe retenu : « Les mêmes normes pour tous, les mêmes contrôles pour tous. »
« Il est temps de sortir de l’idéologie, de toutes les idéologies. »
Sur la question de l’eau, Sébastien Lecornu écrit : « Le changement climatique est un vrai défi pour l’agriculture. » Il souligne que « l’accès à l’eau et sa bonne gestion sont les conditions de la survie de l’agriculture » et annonce un recensement des projets bloqués ainsi qu’un renforcement du fonds de soutien aux équipements hydrauliques agricoles. Il déclare : « Il est temps de sortir de l’idéologie, de toutes les idéologies. »
Concernant les règles européennes, le Premier ministre affirme : « Ces règles communes doivent être justes, proportionnées. Bref, de bon sens. » Il précise que le gouvernement refusera « toute renationalisation de la PAC » et indique avoir demandé à la Commission européenne « de trouver rapidement une solution » pour neutraliser temporairement les effets du mécanisme d’ajustement carbone sur le prix des engrais.
« Je ne vous demande pas de croire à des mots : je vous demande de regarder les actes. »
Il conclut : « Je ne vous demande pas de croire à des mots : je vous demande de regarder les actes. » Il annonce que « les arrêtés et les décrets seront publiés », que « les projets seront débloqués » et que « le dialogue avec vos organisations professionnelles aura lieu ».
Sébastien Lecornu affirme enfin : « L’État prendra ses responsabilités. » :
« Parce que nous tous, Français, savons ce que nous devons à celles et ceux qui chaque jour nous nourrissent. Nous sommes tous acteurs de notre souveraineté alimentaire, consommateurs en tête ! Et enfin et surtout, parce que le bon sens doit redevenir la règle »
L’intégralité de la lettre de Sébastien Lecornu ici


