Mobilisations agricoles : après quatre jours sur le rond-point à Castelnaudary, les agriculteurs lèvent le camp

Rédigé le 09/01/2026
Mélanie Eve

Depuis ce mardi 6 janvier, un camp s’est installé sur le rond-point de l’autoroute A61 à Castelnaudary. Après quatre jours de mobilisation, les agriculteurs ont dû lever le camp ce vendredi 9 janvier en fin de matinée.

Depuis mardi 6 janvier à 8 heures 30, les agriculteurs sont mobilisés au rond-point dit « de la colère », à proximité du péage de l’autoroute A61 à Castelnaudary.

Cette action fait suite à un appel régional des Jeunes Agriculteurs d’Occitanie, visant à bloquer l’ensemble des centrales d’achats de la région afin « d’envoyer un signal fort aux distributeurs », explique Aurianne De la Boisse, ingénieure en agriculture et fille de vigneron.

Quatre jours de mobilisation

Durant quatre jours, plusieurs barrages filtrants ont été mis en place sur les axes menant au centre logistique de la Socamil, à Castelnaudary. L’objectif était de trier les produits français des produits étrangers. Les camions transportant des marchandises importées étaient renvoyés vers la centrale d’achats, tandis que ceux chargés de produits français étaient autorisés à livrer les magasins, afin que les consommateurs puissent accéder uniquement à des produits d’origine française.

Mélanie Eve

« Je suis ici depuis quatre jours et deux nuits. Les revendications sont malheureusement toujours les mêmes. Cela fait longtemps que nous manifestons pour nous faire entendre, mais nous ne sommes pas écoutés », détaille-t-elle avant de renchérir « l’agriculture est une filière complète, qui concerne aussi bien les agriculteurs que les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs. Il faut faire front ensemble ».

Pour les manifestants, cette action vise avant tout à engager des négociations avec la grande distribution. « Des partenariats locaux sont en train de se mettre en place. La Socamil est réceptive, mais elle ne peut pas porter seule ces accords sans risquer des problèmes de concurrence », explique Antoine Micouleau militant à la Coordination de l’Aude et céréalier autour d’Alzonne. Les agriculteurs espèrent la mise en place d’une charte commune, portée par l’ensemble des enseignes, afin de garantir une forme de protection de la production française.

Mélanie Eve

« Nous sommes tous économiquement et financièrement à genoux. C’est la dernière bataille que nous pouvons livrer. Après, nous aurons perdu la guerre« , alerte-t-il.

Sur les quatre jours, environ 30 à 150 personnes sur le rond point

Depuis le début de la mobilisation, environ 60 tracteurs se sont relayés pour ravitailler le site et maintenir les effectifs « Nous avons eu entre 30 et 150 personnes en permanence sur le rond-point », explique Antoine Micouleau.

Malgré des conditions météorologiques difficiles, pluie, vent et froid, les agriculteurs ont aménagé le rond-point avec de la paille, des bottes, des tables, des chaises ainsi qu’un petit mobil-home, afin de pouvoir s’abriter et préparer des repas chauds.

Mélanie Eve

« Nous avons été très sensibles à tous les dons que nous avons reçus. Ça fait chaud au cœur et cela nous pousse à continuer », confie Antoine Micouleau, céréalier autour d’Alzonne et militant à la Coordination rurale de l’Aude.

« La sous-préfète, nous a indiqué que les forces de l’ordre allaient arriver »

Ce vendredi 9 janvier aux alentours de 10 heures 30, les manifestants ont été contactés par la sous-préfète. « Elle s’est excusée et nous a indiqué que les forces de l’ordre allaient arriver, non pas pour nous déloger, mais pour nous permettre de partir en sécurité. Nous nettoyons tout », explique Christophe Cambon, agriculteur. Pour autant, la mobilisation pourrait se poursuivre.

« Tant que nous n’obtiendrons pas ce que nous voulons, c’est-à-dire pouvoir vivre de notre métier, il y aura encore des actions », conclut-il.

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