Mobilisation agricole à Toulouse : 80 agriculteurs ariégeois en renfort

Rédigé le 14/01/2026
Stephanie Leborne

Les agriculteurs se sont de nouveau mobilisés à Toulouse, ce mercredi 14 janvier 2026, pour dénoncer notamment le protocole de prise en charge de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ainsi que les accords de libre-échange du Mercosur. Dès la nuit, les premiers tracteurs en provenance de Haute-Garonne ont pénétré dans l’agglomération, laissant présager une journée sous tension.

Renforts ariégeois, sans tracteurs

Une semaine après une première opération escargot qui avait fortement perturbé la circulation, les syndicats agricoles ont élargi l’appel à l’ensemble de l’Occitanie. Résultat : 80 agriculteurs ariégeois ont rejoint Toulouse dès l’aube, en véhicules légers, les restrictions préfectorales interdisant l’accès aux tracteurs.

« Nous n’avons pas pris les tracteurs puisque c’est interdit par l’arrêté préfectoral. D’ailleurs, nos collègues se sont fait déloger ce matin, il y avait encore une mobilisation hors norme des forces de l’ordre. Nous avons un préfet de Région qui sait détendre la situation… », ironise Sébastien Durand, président de la Coordination rurale de l’Ariège (CR 09).

Regroupement au Leclerc de Roques

Les manifestants se sont retrouvés près du centre commercial Leclerc de Roques, au sud de Toulouse.
« On attend que les tracteurs qui se sont fait déloger de la voie rapide nous rejoignent au Leclerc, même s’il y a plus de CRS que d’agriculteurs », ajoute Sébastien Durand.

Sur place, les délégations ariégeoises et haut-garonnaises, en lien avec la Coordination rurale de Haute-Garonne (CR 31), se concertent pour déterminer la suite du mouvement et maintenir la pression sur les pouvoirs publics.

Pour rappel, la manifestation prévue à Toulouse et sur le périphérique était interdite par un arrêté préfectoral de la Haute-Garonne. Cette décision s’ajoutait à des interdictions zonales de circulation des tracteurs sur les axes structurants, notamment les routes nationales et les autoroutes, ainsi qu’à une interdiction départementale de circulation des engins agricoles sur le réseau secondaire, les routes départementales (RD).

Une colère née en Ariège

Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité d’un conflit engagé depuis plus d’un mois en Ariège, après la décision de l’État d’abattre 207 bovins du GAEC de Mouriscou, à Bordes-sur-Arize, pour endiguer la DNC. Une mesure vivement contestée par la profession.

Blocages routiers, notamment sur la RN20 à Tarascon-sur-Ariège, rassemblements et tentatives d’empêcher l’abattage : les actions se sont multipliées. Malgré la levée du barrage du tunnel de Foix le 11 janvier, après plus de quinze jours d’occupation, les agriculteurs entendent poursuivre leur mobilisation afin d’obtenir une révision des protocoles sanitaires et une inflexion de la politique agricole nationale.