« 52 éleveurs arrêtés à Paris, dont deux Ariégeois » : la confédération paysanne dénonce « un abus de pouvoir »

Rédigé le 15/01/2026
Stephanie Leborne

Mercredi 14 janvier au soir, 52 paysans ont été interpellés lors d’une manifestation organisée avec la Confédération paysanne. Ils ont été relâchés après près de 18 heures de garde à vue. Le syndicat dénonce une répression « inadmissible » et « un abus de pouvoir ».

Ce jeudi 15 janvier, la Confédération paysanne a organisé une nouvelle mobilisation devant la préfecture de l’Ariège pour protester contre l’arrestation, la veille à Paris, de 52 de ses éleveurs, dont deux Ariégeois : Laurence Marandola, ex-porte-parole et éleveuse à Auzat, et Virgile Dumas, éleveur à Daumazan-sur-Arize.

« Un abus de pouvoir »

« Nous sommes ici pour dénoncer un abus de pouvoir », a déclaré Christophe Gouazé, porte-parole de la Confédération paysanne de l’Ariège. « Hier, 52 de nos collègues ont été interpellés et placés en garde à vue à Paris alors qu’ils participaient à une manifestation totalement pacifique dans une antenne du ministère de l’Agriculture. Tout cela parce que nous défendons des idées contraires à celles de la FNSEA. »

Angel Alègre, co-porte-parole du syndicat ariégeois, parle de « délit de faciès » : « Nous dénonçons une réponse à deux vitesses. Moi-même, je pourrais me constituer prisonnière simplement pour ne pas être encartée à la FNSEA. Tout cela survient parce que nous dénonçons depuis des années un système de cogestion avec la FNSEA, aujourd’hui devenu flagrant. »

« Une épée de Damoclès au-dessus de la tête »

Adeline Régis, membre du comité national de la Confédération paysanne, dénonce une politique agricole « mortifère » qui laisse les éleveurs dans une insécurité permanente : « Nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête avec la DNC, sans savoir si des vaches positives seront à nouveau abattues. La politique gouvernementale ne change pas et n’offre aucune issue. »

Elle rappelle que la manifestation parisienne visait également à dénoncer les injustices subies par les éleveurs en métropole et outre-mer, où la PAC profite presque exclusivement à l’agrobusiness de la banane et de la canne à sucre, au détriment des paysans indépendants.

Un traitement de faveur pour la FNSEA

Pour Christophe Gouazé, la situation révèle un traitement de faveur flagrant : « L’État réprime nos actions, tandis que la FNSEA bénéficie d’un accueil privilégié. Deux de nos porte-parole avaient été interpellés pour avoir tenté d’entrer à Paris avec six tracteurs, alors que la FNSEA a pu en faire entrer 350, reçus à l’Assemblée nationale sur un véritable tapis rouge. Depuis 50 ans, ce système détruit l’agriculture paysanne et fait disparaître les fermes, notamment en Ariège, et pourtant nos solutions restent ignorées. »