Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, était en déplacement en Ariège ce vendredi 30 janvier. De retour sur sa terre d’élection, il a débuté sa visite par une rencontre consacrée au dossier agricole, en échangeant avec plusieurs représentants du monde rural. Une étape qu’il jugeait « nécessaire » dans un contexte de crise agricole persistante, particulièrement marquée dans le département.
« Pour que des réponses concrètes puissent être apportées »
« Il était important pour moi de pouvoir rencontrer les représentants du monde agricole. L’Ariège, comme de nombreux territoires, a traversé une crise agricole profonde. Même si je ne suis pas ministre de l’Agriculture, en tant que ministre ariégeois, je me dois d’être à leur écoute et de faire remonter des messages concrets au plus haut niveau de l’État, afin que des réponses concrètes puissent être apportées », a déclaré Laurent Panifous.
Reçues successivement, la chambre d’agriculture, la Confédération paysanne et la Coordination rurale ont ainsi pu échanger avec le ministre.
« DNC, abattage et aides financières au cœur des discussions »
Pour Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture, la rencontre s’est déroulée dans un climat de « confiance » et s’est révélée constructive. « Pour sortir de cette crise, on a vraiment besoin d’une sortie de l’abattage total, indique Philippe Lacube. Aussi, je lui ai rappelé les enjeux. Il les entend, les perçoit et les comprend. Désormais, il faut que la parole politique prenne le pas sur la parole scientifique, sinon nous n’y arriverons pas. Je pense qu’il va s’en faire le porte-parole. »
Le président de la chambre d’agriculture a également soulevé la question du crédit d’urgence, jugé insuffisant. Sur ce point, le ministre se serait engagé à relayer la demande auprès du gouvernement afin d’abonder l’enveloppe. « Il a la volonté de défendre son territoire », assure Philippe Lacube.
Le ton est plus nuancé du côté de la Confédération paysanne. « Il nous a reçus en tant qu’Ariégeois et nous a bien précisé qu’il n’était pas ministre de l’Agriculture. Nous avons pu nous exprimer sur la crise de la DNC, le Mercosur et la cogestion avec la FNSEA, mais nous n’avons pas obtenu de réponses à nos questions », explique Angel Alegre, co-porte-parole de la Confédération paysanne de l’Ariège. Si les échanges ont été qualifiés de cordiaux, le syndicat « reste sur sa faim ».
Enfin, Sébastien Durand, président de la Coordination rurale, évoque une rencontre studieuse. « Il a toujours été réceptif, les échanges se passent bien, et de notre côté, nous n’avons pas eu de discours politique. Notre délégation a présenté l’ensemble de ses revendications, parmi lesquelles l’arrêt de l’abattage, le renforcement de l’enveloppe dédiée à la DNC, les avancées sur la vaccination, des aides pour les céréaliers, l’exonération de la MSA pour l’ensemble des exploitations du département, ainsi qu’un dégrèvement de la taxe foncière. »
Une réouverture récente de marchés à l’export
Interrogé sur la DNC, Laurent Panifous a rappelé que le gouvernement ne remettra pas en cause l’avis scientifique et attend les conclusions des experts saisis. Il estime toutefois que, passé le délai de 49 jours après vaccination, l’abattage total pourrait être évité lorsqu’un animal d’un troupeau protégé est déclaré positif, sous réserve de validation scientifique.
Le ministre a également souligné les enjeux liés à la commercialisation, évoquant la réouverture récente de marchés à l’export vers des pays tiers, désormais prêts à acheter des veaux vaccinés.
Enfin, il a insisté sur la nécessité d’un accompagnement financier pour les éleveurs touchés par les abattages, mais aussi pour ceux indirectement pénalisés par les restrictions de commercialisation, appelant à la mise en place d’aides concrètes.


