SMS d’alerte, explosion simulée : l’Ariège teste en grandeur nature son dispositif de crise

Rédigé le 16/02/2026
Stephanie Leborne

Pour la première fois dans le département, la préfecture de l’Ariège a organisé, le 11 février dernier, un exercice de sécurité civile destiné à informer la population et à tester les bons réflexes en situation de crise. Baptisé FR-Alert, ce test grandeur nature visait à éprouver les procédures d’alerte et la coordination des services de l’État.

« Informer la population d’un danger et indiquer les bons réflexes à adopter » : tels étaient les objectifs affichés de l’opération, menée autour d’un scénario de crise, avec la mobilisation d’une cellule dédiée et plusieurs simulations d’urgence. Une démarche inédite, comme le souligne Delphine Lemaire, directrice de cabinet du préfet et sous-préfète :

« C’est une première pour l’Ariège. Ce dispositif existe à l’échelle nationale depuis 2022, mais il n’avait encore jamais été testé ici. Il s’agit donc d’un premier exercice. »

« Intrusion d’un activiste, incendie d’un site Seveso seuil haut »

Le scénario s’est déroulé au sein de l’entreprise Lacroix, à Mazères, seul établissement du département classé Seveso seuil haut, c’est-à-dire présentant des quantités de substances dangereuses atteignant les seuils réglementaires les plus élevés.

« Le scénario était celui d’une intrusion d’une personne, d’un activiste, puis d’une séquence faisant état d’un incendie suivi de l’explosion d’un dépôt », détaille Delphine Lemaire. « Pour l’ensemble de ces phases, des services ont été mobilisés à la fois sur le terrain et en préfecture. »

Gendarmerie, sapeurs-pompiers, Agence régionale de santé (ARS), Dreal, conseil départemental, direction départementale des territoires ou encore délégation militaire départementale ont ainsi participé à la cellule de gestion de crise.

À 10 h 46 précises, un premier test d’alerte est déclenché. Un SMS FR-Alert, clairement identifié par la mention « EXERCICE, EXERCICE, EXERCICE », est diffusé dans un périmètre de 634 mètres autour du site industriel, une zone « identifiée comme présentant un risque potentiel d’inhalation de fumées ».

« Nous avons volontairement indiqué qu’il s’agissait d’un exercice afin d’éviter tout effet de panique », explique la sous-préfète. En situation réelle, le message inviterait les personnes concernées à se confiner et à suivre les consignes officielles diffusées par les autorités, notamment via les réseaux sociaux et les médias locaux.

Plus de 40 appels après les SMS FR-Alert

Une dizaine de minutes plus tard, un second SMS est envoyé sur un périmètre élargi, demandant à la population de se confiner.

« Dans le scénario, le risque avait évolué : l’incendie s’était transformé en explosion du dépôt. Nous avons aussi constaté que certaines personnes ayant reçu le message se trouvaient au-delà de la zone initialement ciblée. Cet exercice sert donc également à affiner la définition des périmètres d’alerte », précise Delphine Lemaire.

La réaction du public a été rapide. Moins de cinq minutes après l’envoi du premier message, le numéro vert mis en place par la préfecture recevait son premier appel. À la clôture de l’exercice, vers 12 h 30, plus de quarante appels avaient été enregistrés. Les services de l’État ont rassuré les administrés, en rappelant qu’il s’agissait d’un exercice.

Un test concluant, qui pourrait être reconduit dès l’an prochain afin de renforcer encore la culture du risque et la préparation de la population face aux situations de crise.