Un barrage pour dépolluer la Garonne

Rédigé le 14/04/2026
Élina Lacoste

À Blagnac, Plastic Vortex expérimente un dispositif pour récupérer automatiquement les déchets flottants de la Garonne.

Et si un barrage pouvait collecter les déchets ? C’est le pari lancé à Blagnac, où un dispositif inédit est installé sous le pont de la ville. Conçu par Plastic Vortex, il se compose de bouées tendues de part et d’autre de la Garonne, guidant les déchets vers un tapis roulant chargé de les remonter automatiquement. “ L’objectif a été de s’attaquer aux cours d’eau, là où il est encore possible de récupérer les déchets. Ce qui a mené à dimensionner un barrage qui était une suite logique en réponse à la problématique”, détaille Anthony Coulon, directeur technique et cofondateur. Long de 300 mètres, le dispositif permettrait de capter jusqu’à 80 % des déchets flottants sur la zone.

Une pollution massive d’origine terrestre

La nécessité d’agir est criante. 80 % des déchets retrouvés dans les océans proviennent des fleuves, rappelle Plastic Vortex. Dans le monde, plus de 2,5 millions de tonnes de plastiques se déversent chaque année dans les mers. La majorité est issue d’activités humaines, dont la moitié correspond à des plastiques à usage unique.

En deux mois et demi de fonctionnement, le démonstrateur blagnacais a déjà permis de récupérer environ 5 m³ de déchets flottants. Parmi les récoltes , un tiers de verre, deux tiers de plastiques en grande majorité ainsi que des végétaux contaminés par des billes de polystyrène, nécessitant un traitement en incinération. Malgré ces premiers résultats encourageants, des ajustements restent nécessaires. Notamment après les premières crues.  

Une stratégie nationale en préparation

Plastic Vortex ne compte pas s’arrêter là. “On sait exactement où installer 31 barrages en France”, affirme Patrick Thauney cofondateur de Plastic Vortex.  À ces emplacements clés, le déploiement pourrait stopper plus de 70 % des déchets flottants avant qu’ils n’atteignent les océans. L’impact serait considérable. Jusqu’à 9 millions de bouteilles plastiques collectées chaque année. Pour l’heure, Blagnac sert de laboratoire grandeur nature. Mais si les tests se confirment, le projet pourrait devenir une des réponses concrètes à la pollution fluviale, bien avant que les déchets ne finissent au large.