Le premier tour des élections municipales n’a pas été exempt d’incidents en Ariège. Le 15 mars dernier, tandis que certaines permanences célébraient des résultats dans une ambiance euphorique, le centre opérationnel de renseignement de la gendarmerie était, lui, sollicité vers 21 heures pour intervenir à Laroque-d’Olmes. En cause : l’agression du maire sortant de la commune, pourtant réélu ce soir-là avec 53,71 % des voix face à deux listes concurrentes.
Les faits se sont produits sous les yeux de plusieurs témoins, devant un bureau de vote provisoirement installé dans les locaux de la maison de la jeunesse et de la culture. D’après le parquet de l’Ariège, l’intervention des forces de l’ordre fait donc suite à « l’agression physique et verbale du maire de la commune par l’un de ses administrés ». « À l’arrivée des militaires de la brigade de gendarmerie de Lavelanet, la situation est revenue au calme. L’auteur présumé, en état d’alcoolisation, est resté sur place : il est interpellé puis placé en garde à vue. », a indiqué Olivier Mouysset, procureur de l’Ariège.
Des images inutilisables, des témoins entendus
Les autorités ont également précisé que « les images de la scène n’ont pu être exploitées à la suite d’un dysfonctionnement du système de vidéosurveillance ». Les témoins ont néanmoins été entendus. « L’un d’entre eux s’est interposé pour prêter assistance au maire, et sa compagne a été involontairement bousculée », ajoute le magistrat.
Des faits reconnus par le mis en cause
Lors de son audition, le mis en cause a reconnu les faits, indiquant avoir « mal parlé » au maire, disant « avoir honte » et vouloir « présenter ses excuses à l’édile ». Il admet également lui avoir saisi le bras et l’avoir percuté volontairement en lui donnant « un coup de torse ». Le parquet souligne par ailleurs que « la notion de guet-apens est parfaitement infondée en l’espèce, et ne repose sur aucun élément objectif précis ».
« Six mois avec sursis«
Déféré dans l’après-midi dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, l’individu a été condamné, conformément aux réquisitions du parquet, à six mois d’emprisonnement avec sursis. La peine s’accompagne d’une interdiction de porter une arme pendant cinq ans, ainsi que d’une interdiction d’entrer en relation avec la victime pendant trois ans. Il devra également effectuer, à ses frais, un stage de citoyenneté et verser des dommages et intérêts.


