Au pied des pistes de la petite station ariégeoise de Goulier, une voix guide les enfants : « Allez, on met les skis droits… regardez derrière, la perche arrive ! » Ici, un seul moniteur encadre les apprentis skieurs. Il s’appelle David. Et pour beaucoup d’enfants, c’est lui, la première rencontre avec la montagne hivernale.
Apprendre les premiers virages
Sur la piste, les exercices s’enchaînent. Slalom, chasse-neige, regard loin devant. Les enfants préparent leur première étoile. Pour David, l’apprentissage commence par les bases : comprendre la glisse, déclencher un virage, retrouver l’équilibre. Petit à petit, les skis se rapprochent et les virages deviennent plus fluides.
Jules, 10 ans, fait partie du groupe. « Avant, j’avais peur sur la piste bleue, mais David m’a donné confiance », raconte-t-il. Cette semaine, il espère décrocher sa médaille.
Une école de ski d’aventure… et de montagne
Mais avec David, les cours dépassent souvent la technique. Entre deux descentes, il raconte la montagne aux enfants : les avalanches, le pastoralisme, ou encore ces petites cabanes de pierre sèche appelées orris, utilisées autrefois par les bergers pendant l’estive. « Les parents me confient leurs enfants pour qu’ils progressent en ski, explique-t-il. Mais j’accorde aussi beaucoup d’importance à l’environnement et à la culture montagnarde. »
Une toute petite station
Ce n’est pas parce qu’on est petit qu’il nous manque des choses
La station de Goulier est l’une des plus modestes des Pyrénées, avec environ huit kilomètres de pistes. Mais elle offre tout ce qu’il faut pour apprendre : une zone débutants, plusieurs niveaux de pistes et une piste de luge. Surtout, ici, tout le monde se connaît. Les pisteurs, le personnel des remontées mécaniques ou le dameur travaillent main dans la main avec David pour faciliter l’encadrement des groupes et la progression des enfants.
Le choix d’une montagne plus simple
Mes premiers souvenirs de neige, ça a été surtout mes premiers skis. Ils dormaient avec moi dans la chambre.
Avant d’arriver à Goulier, David a travaillé dans de grandes stations. Mais il cherchait autre chose. « Dans les grandes stations, tout est très organisé autour du matériel, de la performance, de l’argent. Ici, on revient à des fondamentaux. » Séduit par cette ambiance et par l’esprit d’équipe, il a choisi de rester.
La magie des premières glisses
Pour David, la plus belle classe reste celle des débutants. Car les progrès y sont spectaculaires. Au début de la semaine, les enfants tombent, hésitent, dépendent encore beaucoup de leurs moniteurs. Puis viennent les premières sensations de glisse et les premiers virages. Et parfois, un déclic. « À partir du milieu de semaine, ils ne veulent plus arrêter de skier », sourit-il.
La récompense des sourires
La fin de semaine se termine toujours par la remise des médailles. Les enfants reçoivent leur diplôme devant leurs parents et leurs grands-parents. Un moment simple, mais chargé d’émotion. Pour David, c’est aussi la plus belle récompense.
Ce qui nous fait avancer tous les jours, c’est le sourire des enfants à la fin du cours.
Dans Sentinelles des Pyrénées, partez aussi à la rencontre de Patrice pisteur secouriste à Ax-les-Thermes.


