Incendie en Ariège : un éleveur sauve ses vaches des flammes au péril de sa vie

Rédigé le 14/04/2026
Stephanie Leborne

Le 26 mars dernier, la vie de Louis Commenge et de sa famille a basculé en quelques minutes. À Lacourt, au cœur du Couserans, cet éleveur de vaches Salers a affronté l’impensable : son étable ravagée par les flammes.

Une soirée qui bascule

Ce soir-là, comme chaque jour, l’éleveur monte nourrir ses bêtes. Malgré un temps encore hivernal, il sait que la mise au pré approche. Mais au moment de repartir, il remarque une lueur inquiétante.

« Je suis revenu, je me suis rapproché et j’ai vu que c’étaient des balles de foin qui étaient en feu », raconte-t-il. En quelques secondes, la situation devient incontrôlable.

l’étable s’est embrasée en quelques minutes – photo Stéphanie Commenge

« Je me suis précipité, on a essayé de sortir la première boule de foin, on l’a poussée avec un copain dans la cour, mais la deuxième a pris et tout le reste a suivi. On est restés 30 secondes, peut-être une minute, à essayer de pousser les boules, mais elles étaient trop enflammées pour qu’on puisse les sortir, alors je suis tout de suite allé détacher mes vaches. »

Une course contre la montre au cœur des flammes

Dès lors, l’éleveur tente de sortir ses vaches de l’étable « C’est difficile à expliquer, je n’ai pas réalisé, je n’avais qu’une chose en tête : détacher mes vaches. »

9 vaches sont sorties gravement brulées de l’étable photo DR

Il libère les premières, puis retourne dans la grange envahie de fumée pour tenter de sauver celles déjà touchées par les flammes.

« Je ne pouvais plus les toucher, leurs cornes étaient en flammes, elles étaient brûlantes, et les chaînes aussi. »

La situation vire au chaos. Une vache affolée le percute et le coince au sol. « À partir de ce moment-là, j’ai compris ce qui allait m’arriver si je ne sortais pas tout de suite. » Sur ses 62 vaches, il parviendra à en sauver 36, au prix de brûlures aux mains et d’images qui le marqueront à jamais.

Certaines vaches nécessitent des soins lourds photo DR

Des pertes lourdes et des animaux gravement blessés

Les pompiers interviendront rapidement et éviteront la propagation à la maison voisine. Louis sort in extremis de l’étable, puis est transporté au Chiva.

« Toutes les personnes présentes — amis, famille — ont été plus ou moins asphyxiées par la fumée », explique sa compagne Stéphanie. « Mais Louis, lui, a dû être emmené aux urgences : ses mains étaient complètement brûlées. »

Le bilan est donc lourd : la moitié du troupeau a péri dans l’incendie, ainsi que des veaux et les plus anciennes vaches. L’étable familiale, transmise par son grand-père, est détruite.

Des soins intensifs pour les survivantes

Parmi les 36 vaches sauvées, certaines sont dans un état critique.

« Mon frère et ses amis ont réussi à en sortir neuf, mais celles-là sont très gravement atteintes. Elles reçoivent des soins chaque jour, avec des kilos de vaseline, et ne peuvent pas rester dehors à cause des U.V. qui freinent la cicatrisation. »

Les animaux souffrent également d’importantes complications :

« On leur applique aussi des linges humides pour faire baisser leur température, car elles montent toutes à 41 °C. Certaines présentent également des complications. »

Une cagnotte en ligne pour soutenir l’éleveur

Aujourd’hui, Louis soigne ses bêtes tout en essayant de surmonter le traumatisme. À ses côtés, sa compagne Stéphanie reste un soutien essentiel. Ensemble, bientôt parents de quatre enfants, ils font face avec l’aide de leurs proches.

Un élan de solidarité s’est également organisé pour les aider à se relever.

Cagnotte en ligne : 

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