Vaccination DNC en Ariège : « intimidations et menaces de mort » ciblent vétérinaires et autorités, plusieurs enquêtes en cours, alerte le parquet de Foix

Rédigé le 25/04/2026
Stephanie Leborne

Face à des dérives sur les réseaux sociaux et des menaces visant vétérinaires et autorités, le parquet de Foix annonce l’ouverture de plusieurs enquêtes pénales.

La dermatose nodulaire contagieuse cristallise, depuis plusieurs mois, de fortes tensions en Ariège. Entre protocole sanitaire strict — incluant l’abattage total des troupeaux contaminés — et campagne de vaccination obligatoire, le sujet divise profondément le monde agricole et au-delà.

Le 21 avril dernier, à Baulou, un cheptel de vaches limousines a ainsi été vacciné « d’office », malgré l’opposition initiale de l’éleveuse, finalement revenue sur sa décision. Un épisode largement commenté, notamment sur les réseaux sociaux, où certains propos ont été jugés particulièrement virulents.

Dans ce contexte, Olivier Mouysset, procureur de la République près le tribunal judiciaire de Foix, tire la sonnette d’alarme dans un communiqué publié ce samedi 25 avril.

« Insultes, propos menaçants et intimidations »

Si la contestation existe, le magistrat souligne une escalade préoccupante : « force est surtout de constater qu’insultes, propos menaçants et intimidations, ou autres agissements illicites se multiplient désormais, notamment sur les réseaux sociaux ».

Face à cette situation, le parquet de Foix a engagé plusieurs procédures. Ces derniers jours, plusieurs enquêtes pénales ont été ouvertes et confiées aux services de police et de gendarmerie.

« Plusieurs enquêtes pénales ouvertes »

Parmi les faits recensés figurent des menaces de mort réitérées et des menaces de destruction dangereuse, notamment à l’encontre d’une clinique vétérinaire. D’autres menaces, visant cette fois une personne dépositaire de l’autorité publique — le préfet de l’Ariège —, font également l’objet d’investigations.

Les enquêteurs se penchent aussi sur des faits de divulgation d’informations personnelles, susceptibles d’exposer des représentants de l’État ou des vétérinaires à des risques d’atteinte aux personnes ou aux biens. Par ailleurs, des infractions en matière de jeux d’argent et de hasard ont été relevées : une cagnotte en ligne de 50 030 euros a été saisie dans ce cadre.

D’autres procédures concernent des entraves aux missions des agents chargés de la sécurité sanitaire et de la santé publique vétérinaire, ainsi que la participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations.

Une personne a déjà été interpellée, placée en garde à vue puis jugée. Elle a été condamnée à une peine d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une amende, d’une interdiction de détenir une arme et d’une interdiction de paraître sur les lieux pendant un an.

« Les réseaux sociaux ne sont pas des zones de non-droit »

« Le parquet de Foix ne peut que déplorer la multiplication de tels agissements contraires à la loi », insiste Olivier Mouysset. Le procureur rappelle avec fermeté que « les réseaux sociaux ne sont pas des zones de non-droit ».

Il appelle enfin à un retour à un débat apaisé, soulignant que la contestation demeure légitime, à condition qu’elle s’exprime « sans violence ni acrimonie », et dans le respect des voies de droit prévues par la loi.