Après une étape en Ariège, Emmanuel Macron a poursuivi, ce mardi 28 avril, son déplacement dans les Pyrénées en se rendant à Andorre-la-Vieille. Le président français, également coprince de la principauté, y a passé plus de 24 heures aux côtés du chef du gouvernement andorran, Xavier Espot Zamora, enchaînant les rencontres avec les acteurs locaux.
Soutien réaffirmé à la jeunesse et à la francophonie
Parmi les temps forts de cette visite, le chef de l’État a réaffirmé son engagement en faveur de la jeunesse andorrane, avec la reconduction d’une convention dédiée à l’éducation, notamment au Lycée Comte de Foix.
« Andorre se définit aussi par un attachement à la francophonie […]. Une force pour permettre à tous les jeunes et les moins jeunes, d’évoluer dans cette communauté linguistique de plus de 400 millions de citoyens du monde. C’est une force immense. Et je suis très heureux que nous ayons célébré le 125e anniversaire de l’arrivée des premiers maîtres d’école français dans la Principauté », a-t-il déclaré.
Accord Européens : « la porte ne se rouvrira pas »
Plus tard dans la journée, Emmanuel Macron s’est rendu sur la Plaça del Poble, où il a été accueilli par une foule nombreuse avant de s’adresser à la population.
Dans une allocution marquée par un ton ferme, il a exhorté la principauté à adopter l’accord d’association avec l’Union européenne, mettant en garde contre les conséquences d’un refus :
« On parle d’un accord d’association avec l’Union européenne depuis des décennies. Des décennies. Il a été commencé, arrêté, repris. Il a été amélioré. Ça n’est pas un accord pour solde de tout compte. C’est intelligemment fait. C’est pour l’Andorre une promesse d’avenir, un jalon naturel. Là où je veux attirer votre attention, c’est que si maintenant vous dites non, vous prendriez une responsabilité qui n’est pas à considérer à la légère. »
Et d’insister :
« Et je le dis parce qu’en tant qu’État membre, je me suis beaucoup engagé pour vous aider à finaliser cette négociation. Si à la fin vous disiez non ou pas maintenant, on va renégocier, nous on sera meilleurs, on va faire une meilleure négociation, la porte ne se rouvrira pas (…) ».
Avant d’ajouter :
« Ils diront on en a marre de ces gens-là. Je vous le dis avec affection. Ils diront “on en a marre”. »
Avortement : « Je souhaite que ce débat progresse »
Autre sujet sensible abordé lors de son discours : le droit à l’avortement. Emmanuel Macron a appelé à des avancées en matière de droits des femmes, tout en insistant sur le respect des équilibres institutionnels de la principauté.
« Je sais que lorsqu’on parle de l’interruption volontaire de grossesse, beaucoup d’Andorranes le réclament. Nombre de nos partenaires l’attendent. Ceci doit se faire dans le respect des institutions, des équilibres, des consciences de chacun, de la tradition aussi et de la principauté. Mais votre gouvernement a fait une proposition d’avancée. Elle me paraît proportionnée. De là où je suis, sans préempter vos débats à venir, je souhaite avec affection que ce débat progresse et qu’il permette de répondre à une demande que j’entends. »
« La RN20, on m’en parle des deux côtés »
Enfin, le chef de l’État a assuré que la France « continuera d’être un partenaire de confiance » pour améliorer les accès routiers, ferroviaires et aériens entre les deux territoires.
Évoquant les difficultés rencontrées cet hiver sur la RN20, il a plaidé pour des investissements durables :
« Mais il nous reste beaucoup à faire. Et nous le savons. Et ce qui s’est passé avec la RN20 cet hiver, l’a encore montré. D’abord, ça nous a montré la vulnérabilité de nos axes face au dérèglement climatique. Ça nous a rappelé l’humilité que doivent avoir tous les montagnards dans ce contexte. Mais enfin, la nécessité d’y répondre par des investissements pérennes […]. »
Avant de conclure :
« C’est un intérêt partagé avec nos compatriotes ariégeois qui le demandent tout autant. La RN20, on m’en parle des deux côtés, je vous rassure […] Mais c’est aussi ça qui permet de continuer le véritable destin d’Andorre, principauté au cœur des Pyrénées, qui a vocation à ne jamais se laisser enclaver et à toujours communiquer, accueillir, échanger. »


