L’Aude lance sa saison des feux de forêt et renforce son dispositif

Rédigé le 11/06/2026
Mélanie Eve

Face à un risque incendie accru et après plusieurs feux marquants, l’Aude lance sa saison des feux de forêt avec des moyens renforcés. Un hélicoptère Écureuil, stationné à Lézignan-Corbières, intégrera pour la première fois le dispositif départemental ce 1er juillet.

Placée en vigilance orange sur une grande partie de son territoire, l’Aude lance sa saison des feux de forêt avec un nouvel outil. Ce mardi 9 juin, Alain Bucquet, préfet de l’Aude, Hélène Sandragné, présidente du Conseil départemental et Christophe Magny, directeur du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), a présenté le dispositif de prévention, de surveillance et d’intervention déployé pour la saison estivale. L’objectif est clair anticiper les risques d’incendie.


"Nous avons activé les dispositifs de prévention et de surveillance. Les moyens sont prêts, mais la lutte contre les incendies ne repose pas uniquement sur les sapeurs-pompiers. Chacun doit être vigilant : les barbecues, les mégots jetés par la fenêtre ou encore certains travaux peuvent avoir des conséquences dramatiques. Cela peut paraître basique, mais il faut le rappeler. La lutte contre les feux de forêt est l’affaire de tous. Les sapeurs-pompiers mettent leur vie en danger", explique Alain Bucquet, préfet de l'Aude.
Photo : Mélanie Eve

Parmi les moyens engagés figurent les camions-citernes feux de forêt (CCF), répartis sur l’ensemble du territoire, des détachements de sapeurs-pompiers renforcés ainsi que plusieurs véhicules spécialisés issus du pacte capacitaire. Cette année, le dispositif bénéficie également de l’appui d’un hélicoptère bombardier d’eau, destiné à intervenir dès les premières minutes d’un départ de feu. À noter que neuf incendies sur dix sont d’origine humaine.

Photo : Mélanie Eve

Un hélicoptère écureuil basé à Lézignan-Corbières

Du 1er juillet au 15 septembre, un hélicoptère Écureuil B3 sera stationné à l’aérodrome de Lézignan-Corbières. À son bord, un pilote et un officier sapeur-pompier audois assureront différentes missions.

"Nos missions principales seront l’attaque des feux naissants, la défense des points sensibles et l’appui aux équipes au sol lorsqu’un problème de sécurité se présente. Nous pourrons également assurer des transports de personnel ou de matériel et embarquer les autorités ou le commandant des opérations de secours afin qu’ils disposent d’une vision aérienne de la situation", explique le lieutenant Signoles, chef du centre de secours de Trèbes et officier aéronautique des hélicoptères bombardier d’eau.
Photo : Mélanie Eve


Cette implantation permet de rayonner rapidement sur le littoral, les Corbières, la Haute Vallée de l’Aude ou encore la Montagne Noire. "En moins de quinze minutes de vol, nous pouvons intervenir sur l’ensemble du département.", précise le lieutenant Signoles.

Un renfort sur le dispositif

Par conséquent, des moyens financiers supplémentaires ont été engagés afin de renforcer le dispositif. "Après les 3 millions d’euros supplémentaires accordés l’an dernier au Sdis, portant notre contribution à 20 millions d’euros, nous la portons cette année à 22 millions d’euros. Le Département a également fait le choix de financer l’hélicoptère bombardier d’eau à hauteur de 400 000 euros afin de permettre une intervention la plus rapide possible sur les feux naissants", détaille Hélène Sandragné, présidente du Conseil départemental.

La collectivité travaille également sur la question de la ressource en eau. "Avec le Sdis et la Chambre d’agriculture, nous identifions des réserves d’eau, notamment dans les caves coopératives, afin de limiter le recours à l’eau potable lors des opérations de lutte contre les incendies", ajoute la présidente du Département.

Le Département prévoit par ailleurs de lancer une campagne de sensibilisation destinée à encourager la population à adopter les bons comportements face au risque incendie.

Une préparation toute l'année

Du côté de la préparation, "Nous nous préparons toute l’année pour faire face aux situations les plus difficiles. Malgré un début d’année relativement pluvieux, l’absence de précipitations significatives depuis plusieurs semaines, associée au vent et aux fortes températures, favorise déjà l’augmentation du risque incendie", complète Christophe Magny, directeur du Sdis de l’Aude,

Le directeur du Sdis évoque également les conséquences de la tempête Nils de février dernier, qui a provoqué la chute de nombreux arbres et créé des conditions favorables à la propagation des flammes. "Nous avons tiré les enseignements des grands incendies de ces dernières années, notamment celui de Ribaute. Nous avons adapté notre doctrine opérationnelle et poursuivons le travail de prévention engagé à l’échelle du département", conclut-il.