L'émotion suscitée par la mort de la jeune Lyhanna continue de mobiliser bien au-delà du Gers. Ce lundi 8 juin, au lendemain d'une marche blanche qui a rassemblé près de 5000 personnes à Fleurance dans le Gers, en hommage à la fillette, des rassemblements sont annoncés devant les tribunaux de 200 villes de France. En Ariège, collectifs et citoyens se sont donnés rendez-vous à 18 heures devant le tribunal de Foix.
Parmi eux, Aude Langlois, coach France Jeunesse et fondatrice des accompagnements « Se Définir » à Pamiers, a souhaité se joindre au mouvement avec sa sœur et une amie, toutes trois mères de famille.
« Nous y allons en tant que parents. Je défends la cause des enfants parce que j'interviens auprès des jeunes toute l'année. Il nous semblait important d'apporter notre soutien à Lyhanna, mais aussi à toutes les autres familles et aux enfants qui ont malheureusement vécu des combats similaires », explique-t-elle.
Ainsi, partout en France, des rassemblements sont organisés devant les palais de justice suite à l'appel national lancé par l'association Mouv'Enfants. En Ariège, d'autres collectifs devraient s'associer à cette démarche.
Gérald Darmanin dénonce des « défaillances graves »
La mort de Lyhanna, 11 ans, a provoqué une onde de choc nationale. L'émotion est d'autant plus forte que le principal suspect, âgé de 41 ans, était déjà connu de la justice pour plusieurs accusations de violences sexuelles sur mineures.
L'enquête a mis en lumière plusieurs dysfonctionnements : une plainte pour viol sur une enfant de 10 ans, transmise au parquet d'Auch en décembre 2025, n'avait toujours pas conduit à l'audition du suspect cinq mois plus tard. Des retards de traitement et des problèmes de coordination entre services sont également pointés du doigt.
Face à ces révélations, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a présenté « ses excuses au nom de la justice » à la famille de la fillette. Le ministre a dénoncé des « défaillances graves » et promis que les responsabilités seraient établies. Il a ordonné une enquête administrative et demandé aux procureurs généraux de réexaminer en priorité les quelque 70 000 procédures impliquant des mineurs.
Le président Emmanuel Macron a lui aussi qualifié ces dysfonctionnements d'« inacceptables », estimant que les failles révélées par cette affaire devaient être clarifiées.


