« Ce sont les troupeaux qui mènent les hommes » : le premier chemin de la transhumance voit le jour entre l’Ariège et l’Andorre

Rédigé le 10/06/2026
Stephanie Leborne

Pendant des siècles, bergers, troupeaux et habitants des vallées ont franchi les Pyrénées d’un versant à l’autre. Avec l’inauguration du premier « Chemin de la Transhumance – Estives », l’Ariège et l’Andorre redonnent vie à ces passages ancestraux et réaffirment les liens qui unissent leurs territoires de montagne.

Le 9 juin dernier, le département de l’Ariège a célébré la montée des troupeaux vers les estives sur le plateau de Beille. À cette occasion, le premier itinéraire transfrontalier « Chemin de la Transhumance – Estives » a été inauguré. Ce parcours de 42 kilomètres relie désormais le plateau de Beille au val d’Incles, en Andorre, et témoigne des liens qui unissent les territoires de montagne. Entre sonnailles et sentiers, cette nouvelle traversée perpétue une tradition pastorale ancestrale. On vous raconte.

"Les hommes et les femmes de ces territoires se sont toujours rencontrés"

Un projet mené conjointement par le département de l’Ariège et le gouvernement andorran, à l’occasion de l’Année internationale du pastoralisme 2026. Au départ du plateau de Beille, ce nouvel itinéraire de randonnée s’étend sur près de 42 kilomètres, avec jusqu’à 2 500 mètres de dénivelé positif. Le parcours, qui peut être réalisé en plusieurs étapes, intègre les refuges de Rulhe, côté français, et de Juclar, côté andorran. Il traverse également plusieurs espaces naturels remarquables au cœur des Pyrénées, offrant aux randonneurs une immersion dans des paysages façonnés depuis des siècles par l’activité pastorale.

’inauguration du premier itinéraire transfrontalier "Chemin de la transhumance – Estives", reliant le plateau de Beille au val d’Incles, en Andorre a eu lieu le 9 juin dernier -Photo S.Leborne

"Il y a toujours eu des liens historiques étroits par-delà les montagnes. Les hommes et les femmes de ces territoires se sont toujours rencontrés, ont toujours partagé", rappelle Philippe Lacube, également président de la chambre d’agriculture.

"Permettre de transmettre notre histoire commune"

Une vision largement partagée par Christine Téqui, présidente du conseil départemental de l’Ariège. "Ce sont les troupeaux qui mènent les hommes, pas le contraire. Ils façonnent les paysages et les chemins. Ce chemin de la transhumance relie l’Ariège à l’Andorre et concrétise notre volonté de mener ensemble des projets de coopération", explique-t-elle. "Au cœur de ce chemin, il y a le pastoralisme, la transhumance et tout ce qui permet de transmettre notre histoire commune."

Côté andorran, la dimension patrimoniale de cet itinéraire a été particulièrement mise en avant. Présent lors de l’inauguration, Guillem Casal Font, ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage et porte-parole du gouvernement andorran, voit dans ce projet "un trait d’union entre deux territoires voisins qui partagent les mêmes montagnes".

"Bien avant d’être un itinéraire de randonnée, ces passages étaient empruntés par les troupeaux, mais aussi par les habitants des vallées, il y a des dizaines, voire des centaines d’années. Les ports de Siguer, d’Orlu ou encore d’Incles ont toujours été des lieux de passage, des lieux de lien et de partage. Aujourd’hui, ce parcours permet de sensibiliser le grand public au pastoralisme, essentiel à la préservation des territoires de montagne", explique le ministre.