Feu de Bordes-Uchentein : 70 hectares brûlés à 1 800 mètres d’altitude, mais « aucune habitation, aucune population, aucune estime n’est en danger »

Rédigé le 14/07/2026
Stephanie Leborne

Le combat contre le feu se poursuit dans des conditions extrêmes. À Bordes-Uchentein, l'incendie progresse à 1 800 mètres d'altitude, au cœur d'un secteur rocheux où les sapeurs-pompiers ne peuvent intervenir au sol. Exclusivement traité par voie aérienne, le sinistre a déjà détruit 70 hectares.

Ce mardi 14 juillet à 12h30, la sous-préfète de Pamiers, Émilie Barromes, a fait un nouveau point de situation sur les incendies qui touchent actuellement l’Ariège. Si plusieurs foyers ont été maîtrisés ces derniers jours, deux feux restent encore sous surveillance dans le département, dont celui de Bordes-Uchentein, dans le Couserans, qui demeure le plus préoccupant.

Un feu qui se réactive

« Le feu de Bordes-Uchentein reste un feu difficile à traiter. », a t'elle souligné « Il y a des périodes d’accalmie et des périodes de reprise. Il y a eu une accalmie hier dans la soirée et dans la nuit. Et ce matin, le feu a repris », précise la sous-préfète.

En effet, déclenché le 10 juillet dernier, l’incendie évolue toujours à près de 1 800 mètres d’altitude, dans un secteur particulièrement escarpé et inaccessible aux secours terrestres.

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« C’est un feu de montagne, un feu qui n’est pas accessible par voie terrestre et que l’on traite actuellement par voie aérienne », explique Émilie Barromes.

Après plusieurs jours de lutte, le bilan s’établit désormais ce mardi 14 juillet à 70 hectares brûlés. 

Deux renforts nationaux mobilisés

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En raison de l’impossibilité d’engager des équipes au sol, les moyens aériens restent la principale réponse opérationnelle.

« On est en zone de montagne, zone rocailleuse, zone rocheuse, zone dangereuse d’accès. Donc c’est pour ça que depuis hier, on bénéficie de renforts nationaux avec deux bombardiers d’eau », détaille la représentante de l'État.

Près d’une centaine de largages a été réalisé ce lundi, "96", précisément, et les équipes  poursuivent leurs interventions pour tenter de contenir la progression de ce feu, complexe a circonscrire .

Une situation nationale qui complique la mobilisation des renforts

La lutte reste toutefois conditionnée "par les priorités nationales", a indiqué la sous préfète. Alors que plusieurs incendies touchent actuellement d’autres territoires français, les renforts aériens sont attribués au jour le jour.

« On bénéficie de ce soutien aérien qui est validé chaque 24 heures. Mais effectivement, les priorités peuvent être retournées à préserver des habitations et des populations », rappelle la représentante de l’État.

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Un feu sans menace pour les habitations

Malgré sa progression, l’incendie ne représente pas, à ce stade, de danger direct pour les habitants.

« On est sur un feu qui est un feu d’altitude, qui effectivement ne met en danger aucune habitation, aucune population, et il n’y a pas d’estives à proximité », souligne Émilie Barromes.

À cette altitude, la végétation reste composée principalement de broussailles basses, de genêts et de zones rocheuses. Une configuration qui ralentit la propagation, mais qui rend l’intervention particulièrement complexe.

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Appel à la prudence dans les massifs

Face au risque incendie toujours très élevé en Ariège, les autorités demandent aux habitants et aux visiteurs d’éviter les secteurs forestiers sensibles.

Plusieurs sentiers sont déjà interdits d’accès, notamment dans le secteur de Bethmale.  Mais au-delà des interdictions, la sous-préfète insiste sur la responsabilité individuelle.

« Le massif est très, très, très inflammable. Monsieur le préfet se réserve le droit de fermer l’accès à certains massifs pour pouvoir préserver nos forces et éviter qu’on se retrouve à devoir se démultiplier sur un nombre d’incendies important », prévient-elle.

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Émilie Barromes appelle également les randonneurs à ne pas se rendre à proximité du sinistre.

« Il faut éviter d’aller s’approcher du feu, parce qu’effectivement c’est un feu de montagne qui se voit de loin. Il faut laisser intervenir les forces de sécurité et éviter d’aller pratiquer la randonnée par ces fortes chaleurs dans les massifs forestiers », insiste-t-elle.

Un second feu surveillé à Montségur

Par ailleurs, un autre incendie reste sous surveillance dans le département, à Montségur. Celui-ci est toutefois considéré comme maîtrisé.

« Le feu de Montségur est aujourd’hui un feu fixé », indique Émilie Barromes. Une reprise a été observée mardi matin sur le flanc gauche de la montagne, sur environ deux hectares, mais elle est traitée par des moyens terrestres.

La sous-préfète a enfin tenu à saluer la mobilisation des secours et des acteurs locaux.

« Je voudrais tout d’abord remercier tous les sapeurs-pompiers et les services qui ont apporté leur aide depuis plusieurs jours. La gendarmerie, mais aussi l’ONF. Je voudrais aussi saluer les initiatives individuelles qu’il y a pu avoir à travers des agriculteurs et des responsables de refuges », conclut-elle.

Les autorités maintiennent leur vigilance alors que l’épisode de sécheresse et les fortes chaleurs continuent de maintenir le département en risque majeur d’incendie.