"Un salaire pour vivre, pas pour survivre", "Élèves en souffrance, AESH en résistance" : les slogans affichés sur les pancartes de la mobilisation organisée ce mardi 9 juin à Carcassonne. Dès 14 heures, une trentaine d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), soutenus par les syndicats FSU et CGT, se sont réunis place Carnot avant de se rendre à la préfecture puis à la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN).
À travers cette manifestation, ils dénoncent la précarité de leur statut, des rémunérations jugées "insuffisantes" et une charge de travail en constante augmentation. Ils réclament notamment la création d'un véritable corps de métier dans la fonction publique, la fin du temps partiel imposé et une revalorisation salariale.
"C'est un vrai métier et il faut qu'il soit reconnu comme tel", explique Claire Borde, co-secrétaire départementale du SNES-FSU avant de renchérir. "Les AESH doivent bénéficier d'un statut leur permettant d'accéder à une retraite digne. Aujourd'hui, les 24 heures d'accompagnement prévues nécessitent en réalité un investissement bien supérieur. Beaucoup de collègues s'épuisent et les démissions se multiplient. Certains accompagnent jusqu'à 14 ou 15 élèves différents chaque semaine."
Les représentants syndicaux dénoncent également des conditions d'accompagnement qui se dégradent au détriment des élèves en situation de handicap.
"Lorsque j'ai commencé, j'accompagnais un seul élève pendant vingt heures par semaine. Aujourd'hui, ce type de suivi individualisé a pratiquement disparu. Les accompagnements sont mutualisés et nous devons intervenir auprès de plusieurs élèves dans une même classe. Au final, les enfants comme les AESH en subissent les conséquences.", détaille Christelle, AESH dans un collège audois depuis quatorze ans.
Malgré les difficultés, "Il y a beaucoup de déception, mais je continue parce que j'aime ce métier. J'aime accompagner les enfants et les voir progresser. C'est ce qui me motive encore aujourd'hui.", conclut-elle


