Près de Limoux, le Domaine J. Laurens lance des vendanges exceptionnellement précoces

Rédigé le 05/08/2026
Mélanie Eve

Le Domaine J. Laurens, à La Digne-d'Aval près de Limoux, a lancé ses vendanges le 30 juillet, une première pour le domaine. Une précocité liée notamment aux effets du changement climatique.

Depuis le 30 juillet dernier, le Domaine J. Laurens, à La Digne-d'Aval, près de Limoux, dans l'Aude, a lancé ses vendanges avec plusieurs semaines d'avance. Une précocité inédite, alors que les premières récoltes interviennent habituellement à la mi-août, voire au début du mois de septembre.

"C'est très précoce, exceptionnellement très précoce, puisque nous n'avons jamais vendangé fin juillet. Jusqu'alors, nous commencions à la mi-août, ce qui était déjà précoce ces dernières années, alors qu'il y a une quinzaine d'années, nous vendangions fin août, voire début septembre. Depuis les deux dernières années, nous avons pris quinze jours d'avance", explique Benoît Manchon, directeur technique du Domaine J. Laurens.

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Des vendanges avancées par le climat

Cette évolution est directement liée au changement climatique. "Nous avons des hivers de plus en plus doux. La vigne ne se met plus en repos végétatif profond et, dès les premières chaleurs du printemps, le cycle repart. Entre les chaleurs précoces et les hivers doux, la vigne poursuit son cycle.", détaille-t-il.

Une trentaine de coupeurs, épaulés par une seconde équipe d'une dizaine de personnes, sont mobilisés dans les vignes dès les premiers jours de récolte. Au total, une centaine d'hectares de raisins doivent être vendangés sur les quatre principaux cépages : Chardonnay, Mauzac, Chenin et Pinot.

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Pour déterminer la date idéale des vendanges, le Domaine J. Laurens s'appuie sur deux critères principaux : le degré potentiel alcoolique des raisins et leur acidité.

"Pour les bulles, il nous faut une acidité relativement élevée afin de conserver de la fraîcheur."

Pour suivre cette évolution, le domaine dispose de parcelles de référence. "Nous procédons à des prélèvements de maturité que nous apportons au laboratoire afin d'obtenir des analyses complètes et un suivi très précis. Nous réalisons ces contrôles deux fois par semaine.", précise Benoît Manchon.

Dans les années 2000, le domaine a été racheté par Jacques Calvel, qui est toujours à la tête de l'établissement. - ©Mélanie Eve

Ces vendanges précoces permettent d'éviter une acidité trop faible et un degré d'alcool trop élevé.

"C'est la réactivité des vendanges qui va nous permettre de conserver les caractéristiques des cuvées que nous souhaitons élaborer."

Face au réchauffement climatique, le domaine a également adapté l'organisation des vendanges.

"Du fait que nous démarrons très tôt dans la saison, nous ne pouvons plus travailler des journées entières en raison de la pénibilité liée à la chaleur. Nous avons recruté davantage de vendangeurs pour commencer dès le lever du jour et arrêter le travail lorsque les températures deviennent insoutenables, afin de préserver leur bien-être."

Pour faire face à cette évolution, le domaine a augmenté ses effectifs de vendangeurs de 50 %. Créé dans les années 1980 par Michel Dervin, le domaine s'est spécialisé dans la blanquette et le crémant de Limoux. En 2000, Jacques Calvel reprend l'exploitation et fait le choix de préserver l'identité de la maison, en conservant la fraîcheur et l'acidité qui caractérisent ses vins effervescents.