L'étape entre Carcassonne et Foix aura-t-elle bien lieu ? Pour la première fois depuis la création du Tour de France, les autorités n'écartent plus l'hypothèse d'une annulation en raison d'un épisode de chaleur extrême.
Dans un courrier adressé ce vendredi aux préfets des départements traversés par la Grande Boucle, disputée du 4 au 26 juillet, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, leur demande d'anticiper les conséquences d'une éventuelle canicule en adaptant les dispositifs de sécurité et de secours aux conditions météorologiques. Ces consignes concernent également le Tour de France Femmes, programmé du 1er au 9 août.
Le ministre ouvre ainsi la voie à une mesure jusqu'ici inédite : si les températures sont jugées incompatibles avec la sécurité des coureurs, des spectateurs et des personnels mobilisés, une étape pourra être annulée « à titre exceptionnel ». Une décision qui constituerait une première en 112 ans d'histoire de la Grande Boucle.
Éviter une saturation des services de secours
Dans son courrier, Laurent Nuñez justifie cette anticipation par le retour d'expérience de la récente vague de chaleur.
« Pour répondre aux enjeux fixés, et particulièrement pour éviter une saturation des capacités hospitalières et pré-hospitalières, le retour d'expérience de la vague exceptionnelle de chaleur que nous venons de vivre nous conforte dans l'obligation de continuer à adapter nos dispositifs », écrit-il.
En cas de vigilance rouge dans un ou plusieurs départements traversés par le Tour, plusieurs mesures pourront être mises en œuvre. Elles vont du renforcement des messages de prévention à l'augmentation des moyens sanitaires et de secours déployés sur le parcours, en passant par la fermeture de certains espaces accueillant du public. L'annulation d'une étape est également prévue parmi les options, si les conditions météorologiques présentent un risque majeur pour la sécurité de l'épreuve.
"Nous travaillons depuis plusieurs semaines déjà à la prévision de fortes chaleurs"
De son coté, la préfecture de l'Ariège se dit prête à adapter son dispositif en fonction du niveau de vigilance météorologique.
"Nous travaillons depuis plusieurs semaines déjà à la prévision de fortes chaleurs le jour du passage du Tour de France (identification par toutes les communes traversées par les coureurs de salles rafraichies et d'accès à l'eau potable avec constitution de stocks de bouteilles d'eau si besoin...), explique Delphine Lemaire, directrice de cabinet du préfet de l'Ariège. Nous restons vigilants pour adopter d'autres mesures en fonction du niveau de vigilance météo de mardi."
Un pic de chaleur attendu dès mardi
À ce stade, Météo-France n'a émis aucune vigilance canicule. Les prévisions annoncent toutefois une hausse progressive des températures au cours de la première semaine de course. Après un départ à Barcelone sous des maximales comprises entre 32 et 33 °C ce week-end, le mercure devrait continuer à grimper à l'entrée du peloton en France.
Selon les prévisions actuelles, un pic de chaleur est attendu dès mardi, avec des températures supérieures à 35 °C entre Carcassonne et Foix, théâtre de la quatrième étape. Des conditions qui pourraient conduire les autorités à envisager, pour la première fois dans l'histoire du Tour de France, le recours au dispositif exceptionnel prévu par le ministère de l'Intérieur.


