"À 6 heures du matin, comme des grands bandits" : l'éleveuse Kyria de la table de Gaya dénonce qu'une vaccination d'office de son troupeau a eu lieu ce jeudi matin

Rédigé le 06/08/2026
Stephanie Leborne

L'éleveuse et restauratrice Kyria, à la tête de La Table de Gaya en Ariège, a affirmé sur ses réseaux sociaux que son troupeau a été vacciné d'office contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), ce jeudi 6 août au petit matin, lors d'une intervention menée sous escorte des forces de l'ordre.

L'éleveuse et restauratrice Kyria, à la tête deLa Table de Gaya, en Ariège, a affirmé il y a quelques heures, que son exploitation a fait l'objet, ce jeudi 6 août au petit matin, d'une vaccination d'office de son troupeau contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Une opération menée, selon elle, sous escorte des forces de l'ordre.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux quelques heures après les faits, l'éleveuse raconte avoir été réveillée vers 6 h 15 par l'arrivée de nombreuses voitures banalisées et de véhicules de gendarmerie. Elle explique qu'une trentaine de gendarmes étaient présents sur place, accompagnés de la sous-préfète.

"Ils m'ont dit qu'ils avaient le droit d'être là"

Selon l'Ariégeoise, les autorités lui auraient alors présenté une ordonnance du juge des libertés ainsi qu'un arrêté d'exécution d'office autorisant la vaccination de ses vaches.

"ils m'ont dit qu'ils avaient le droit d'être là et qu'ils allaient pratiquer la vaccination d'office (...). À 6 heures du matin, tel des grands bandits que nous sommes. Parce qu'à 6 heures du matin, c'est les perquisitions des grands bandits, parce qu'on ne peut pas faire ça plus tôt."

L'éleveuse affirme toutefois ne pas avoir signé les documents, expliquant avoir souhaité attendre la présence de son avocate avant toute démarche. Elle conteste également les conditions dans lesquelles cette intervention s'est déroulée, estimant que les documents auraient dû lui être notifiés en amont.

"Normalement, c'est donné au moins 48 heures avant.  D'ailleurs, il y avait déjà des gendarmes, même autour des vaches, à 5h30 du matin, avant même que nous, on soit au courant que les gendarmes arrivaient"

L'éleveuse explique également pourquoi elle n' a pas signé ces documents.

"Je n'ai pas signé parce qu'en fait, j'ai dit que je ne signerai rien sans la présence de mon avocat et sans comprendre. Parce que j'avais besoin d'être assistée de mon avocat. Donc, ils ont signé et ils ont dit que j'avais refusé de signer, sauf que je ne refusais pas."

Par ailleurs, son compagnon aurait quant à lui été placé en garde à vue.  À l'issue de l'opération, Kyria confirme que l'ensemble de ses vaches a bien été vacciné contre la dermatose nodulaire contagieuse. 

Très remontée, l'éleveuse assure vouloir engager des démarches pour contester cette intervention. « Ça ne restera pas impuni », déclare-t-elle dans sa vidéo, annonçant qu'elle prendra la parole à partir de la mi-septembre et évoquant des actions prévues d'ici novembre. 

Elle insiste toutefois sur le fait que son combat s'inscrira, selon ses mots, « sans violence », mais dans une volonté de faire valoir ce qu'elle considère comme ses droits.

À ce stade, la préfecture n'a pas communiqué publiquement sur les circonstances précises de cette intervention. 

Pour rappel, depuis la découverte de plusieurs foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Savoie et en Haute-Savoie à la fin du mois de juin, les autorités ont renforcé les mesures de lutte contre cette maladie virale des bovins. En Ariège, département inclus dans la zone réglementée mise en place par l'État, la vaccination des bovins est devenue obligatoire afin de limiter la propagation du virus.