Face à une dégradation rapide de la situation hydrologique, les services de l'État annoncent un durcissement des mesures de restriction des usages de l'eau sur plusieurs bassins versants du département.
« Le déficit de précipitations observé depuis le mois d'avril, conjugué à des températures très supérieures aux normales de saison et à l'épisode de canicule, entraîne une baisse significative du niveau des cours d'eau », soulignent les services de l'État. Une situation aggravée par « une nette augmentation des prélèvements en eau alors que les débits poursuivent leur diminution ».
Trois bassins en niveau d'alerte le plus élevé
Réuni le 24 juin, le comité de suivi opérationnel de l'étiage a conduit le préfet de l'Ariège à renforcer les mesures de gestion de la ressource en eau.
Les bassins versants de l'Arize non réalimenté, des affluents de la Lèze ainsi que du Volp sont désormais placés en crise, le niveau d'alerte le plus élevé. Les bassins du Sios, des affluents de l'Ariège aval, de l'Hers-Vif non réalimenté et de plusieurs autres affluents passent en alerte renforcée, tandis que le Touyre est placé en alerte. Plusieurs autres secteurs restent ou passent en vigilance.
Les prévisions météorologiques ne laissent guère espérer d'amélioration à court terme. « Les températures toujours élevées et l'absence de précipitations annoncées par Météo-France pour les prochains jours ne permettent pas d'envisager une amélioration de la situation hydrologique », précisent les services de l'État.
Remplissage des piscines, arrosage, fonctionnement des fontaines interdit et des restrictions renforcées
Dans les secteurs classés en crise, seuls les usages prioritaires – alimentation en eau potable, santé publique, sécurité ou abreuvement des animaux – demeurent autorisés, ainsi que certains arrosages agricoles et des potagers à des horaires très encadrés.
En alerte renforcée, le remplissage des piscines privées, le lavage des voitures, le nettoyage des façades, des trottoirs ou encore le fonctionnement des fontaines en circuit ouvert sont interdits. L'arrosage des pelouses et espaces verts est totalement proscrit, tandis que celui des potagers n'est autorisé qu'entre 20 heures et minuit, puis entre 4 heures et 8 heures.
Dans les secteurs placés en alerte, les restrictions sont un peu moins strictes, mais concernent notamment l'irrigation agricole, le remplissage des piscines et le lavage des véhicules.
Parallèlement, les services de l'État maintiennent, à titre exceptionnel, le soutien du débit de l'Hers-Vif grâce à la retenue de Montbel afin de compenser les prélèvements agricoles. Un calendrier de tours d'eau continue également d'être appliqué sur le Contirou, dans le secteur de Mirepoix, afin de limiter la pression sur ce cours d'eau particulièrement fragile.
Des contrôles annoncés, jusqu'à 7500 euros d'amende
Les autorités rappellent que ces mesures feront l'objet de contrôles assurés par la Direction départementale des territoires et l'Office français de la biodiversité. Les contrevenants s'exposent à des amendes pouvant atteindre 1 500 euros pour les particuliers et 7 500 euros pour les personnes morales.
Au-delà des restrictions réglementaires, les services de l'État appellent l'ensemble des usagers – particuliers, collectivités, agriculteurs et industriels – à réduire leur consommation d'eau et recommandent notamment, dès le niveau de vigilance, de renoncer au remplissage des piscines privées ainsi qu'au lavage des véhicules.
L'arrêté préfectoral pourra être adapté dans les prochains jours en fonction de l'évolution de la situation météorologique et des débits des cours d'eau.


